Jacqueline Gourault est nommée ministre de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités Territoriales. Elle était ministre auprès du ministre d'État, ministre de l'Intérieur, chargée des dossiers concernant les collectivités territoriales.

Jacqueline Gourault, invitée de Léa Salamé sur France Inter le 3 juillet 2018
Jacqueline Gourault, invitée de Léa Salamé sur France Inter le 3 juillet 2018 © Radio France / Capture écran

Fidèle de François Bayrou, mais d'une loyauté absolue envers Emmanuel Macron et Édouard Philippe, Jacqueline Gourault s'est imposée depuis son entrée au gouvernement en juin 2017 pour aujourd'hui obtenir un ministère de plein exercice "de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités".  

Elle était entrée au gouvernement après les législatives de 2017 à un poste aux contours flous, "ministre auprès du ministre de l'Intérieur". En cultivant de bonnes relations avec son patron, Gérard Collomb, tout en jouant sa partition face au ministre de la Cohésion des Territoires d'alors, Jacques Mézard, et son secrétaire d'État, Julien Denormandie, cette spécialiste des collectivités locales s'est révélée incontournable.   

Présentée comme "le couteau suisse du ministère de l'Intérieur", elle "fait l'unanimité", constatent les observateurs de tous bords.  

Parfois sollicitée pour remplacer au pied levé Gérard Collomb pour un débat devant les assemblées que pour un raout place Beauvau, Jacqueline Gourault est surtout la "Madame Collectivités locales", gagnant le surnom d'"agent traitant" du gouvernement auprès des élus.  

Une pédagogue au gouvernement pour parler aux territoires

Son objectif?  "Faire de la pédagogie" et éviter que le fossé d'incompréhension ne se creuse entre les élus de terrain et l'exécutif, que ce soit à propos des dotations globales de fonctionnement ou l'abaissement de la vitesse à 80km/h.  

Son assise politique s'est en outre renforcée lorsque Matignon lui a demandé de prendre en charge le dossier corse, devenant l'interlocutrice privilégiée des turbulents présidents nationalistes de l'exécutif et de l'assemblée de l'île, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.  

Réputée pour sa bonhomie et un certain franc-parler, Jacqueline Gourault avait mené à bien le volet de la réforme de la Constitution qui institutionnalise une spécificité corse.  Un dossier en terrain miné sur lequel elle a parfois commis quelques impairs : en juillet dernier, elle évoque des "prisonniers politiques" corses, avant de faire un spectaculaire rétropédalage ; en avril, elle sort de ses gonds à l'Assemblée face à des députés LR, en s'offusquant qu'ils veuillent "obliger un ministre à répondre".  

Elle s'est rendue indispensable: en septembre, le Premier ministre lui a confié la préparation d'une éventuelle fusion entre les deux départements alsaciens.

Une passerelle entre la macronie et le centre

Chrétienne-démocrate, elle est opposée en son temps à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, et elle avait en outre laissé un flottement lorsqu'elle avait été interrogée en tant que ministre, en mars dernier, sur l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, pourtant promesse de campagne du candidat Macron.  

Dans l'équilibre du gouvernement, Jacqueline Gourault est devenue une précieuse courroie de transmission entre le MoDem et l'exécutif, alors que les relations entre les centristes et la macronie ont parfois été tumultueuses.  Après les retraits forcés des ministres MoDem Bayrou, De Sarnez et Goulard, sur fond de soupçons d'affaires, le nom de Jacqueline Gourault avait été soufflé par François Bayrou au président de la République.  

Dans son très long parcours politique, elle a été conseillère municipale à partir de 1983 d'un gros bourg du Loir-et-Cher, La-Chaussée-Saint-Victor, elle en est devenue maire de 1989 à 2014.  Mais c'est en 1993 que cette giscardienne, fille de marchands de bestiaux reconvertis dans l'élevage des chevaux de course, s'est offerte une notoriété en affrontant le socialiste Jack Lang aux législatives de 1993 et 1997 - en vain.  

Cette amatrice d'équitation, mariée et mère de deux enfants, est finalement devenue parlementaire en 2001, en se faisant élire sénatrice.

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