À l'heure du remaniement et du gouvernement Philippe III, le ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Jean-Michel Blanquer voit son portefeuille étoffé : il dispose désormais d'un secrétaire d'État, qui devrait l'assister notamment pour mettre en place le Service national universel.

Jean-Michel Blanquer en sortie de conseil des ministres, le 31 août 2018
Jean-Michel Blanquer en sortie de conseil des ministres, le 31 août 2018 © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Deux semaines après le départ de Gérard Collomb de l'Intérieur, le remaniement voit opérer un jeu de chaises musicales, avec le départ de certains ministres et d'autres ministres confortés dans leurs fonctions. C'est le cas de Jean-Michel Blanquer, qui sera désormais assisté d'un secrétaire d'État chargé de la jeunesse et de la mise en place du service national universel : le député LREM Gabriel Attal. 

Blanquer récompensé pour sa réforme

Ce renforcement de portefeuille intervient quelques jours seulement après que les premiers résultats des évaluations en CP/CE1 aient été dévoilés. Menées depuis le 17 septembre auprès d'1,6 millions d'écoliers, ces évaluations sont très controversées pour leur méthodologie. Selon le ministre, elles auraient prouvé que la moitié des élèves de CE1 ont des "difficultés" en calcul mental, et près d'un élève de CP sur quatre a du mal "_à reconnaître les lettres et le son qu'ils produisen_t".

Depuis son entrée au ministère le 17 mai 2017, Jean-Michel Blanquer a engagé et défendu sa réforme de l'Éducation nationale. Parmi ses autres mesures phares : l'interdiction des portables au collège, le passage le baccalauréat à quatre épreuves avec un renforcement du contrôle continu et la transformation de la formation des enseignants notamment.

Un ministre marqué à droite

Jean-Michel Blanquer a l'expérience de la politique, et il n'est pas étranger à l'exercice du pouvoir. Très ami de François Baroin, il est aussi proche d'Alain Juppé, qu'il aide dans l'élaboration de son programme pendant la primaire de la droite et du centre, en 2016. En 2009, sous la présidence Sarkozy, il est nommé numéro 2 du ministère, en qualité de directeur général de l'Enseignement scolaire. Son passage laissera un souvenir amer aux personnels de l'éducation nationale : la suppression de 80 000 postes. Un souvenir ravivé par l'annonce, au mois de septembre, de la suppression de 1 800 postes, que Jean-Michel Blanquer avait expliqué sur France Inter.

Avant de prendre ses fonctions le 17 mai 2017 au sein du premier gouvernement Philippe, Jean-Michel Blanquer était directeur de l'Essec, prestigieuse école de commerce, depuis 2013. Recteur de Créteil de 2007 à 2010, il est aussi spécialiste de la Colombie : de 1998 à 2004, il dirige l'Institut des hautes études d'Amérique Latine, après avoir travaillé deux ans à Bogota. 

Qui est Gabriel Attal, le nouveau secrétaire d'État de Jean-Michel Blanquer ?

Le député LREM des Hauts-de-Seine Gabriel Attal au micro d'Alexandra Bensaid
Le député LREM des Hauts-de-Seine Gabriel Attal au micro d'Alexandra Bensaid © Radio France

À 29 ans seulement, Gabriel Attal a connu une ascension rapide au sein de la République en marche. Proche d'Emmanuel Macron, cet ancien socialiste est l'un des premiers à rejoindre son mouvement. Après avoir été élu député des Hauts-de-Seine (Issy-Vanves) à l'été 2017, il est nommé pour siéger à la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation à l'Assemblée nationale.

"Il faut sortir ce pays de la gréviculture", déclarait-il en avril dernier sur France Inter, alors qu'il était interrogé sur la grève de la SNCF et des universités. Au mois de mai, il revenait sur la petite phrase de Gérard Collomb (alors ministre de l'Intérieur) à propos des migrants qui effectueraient un "benchmark", une étude comparative des pays où ils préféreraient aller. Sa réponse : "S’il y a un benchmark qui est fait aujourd’hui par les migrants, c’est mourir chez eux ou survivre ailleurs."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.