Il est le cadet de l'Assemblée sénatoriale : Rémi Cardon, 26 ans, a été élu dimanche, dans la Somme, à la tête d’une liste d'union de la gauche.

Rémi Cardon, élu plus jeune sénateur de l'histoire de la Vème République
Rémi Cardon, élu plus jeune sénateur de l'histoire de la Vème République © Maxppp / Dominique Touchart

À 26 ans, Rémi Cardon, jeune Picard originaire d'Amiens, vient d'entrer dans l'histoire du Palais du Luxembourg. Grâce à sa victoire à la tête d'une liste d'union de la gauche dans la Somme, lors du deuxième tour de scrutin aux élections sénatoriales, il est devenu, dimanche dernier, le benjamin du Sénat. Fils d'un proviseur de lycée et d’une professeur d'anglais, ce Picard s'était déjà distingué en devenant à 23 ans le Premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste de la Somme. 

Rémi Cardon s’est engagé dès l’adolescence en politique, et s'est juché sur les épaules de son père Didier, militant socialiste depuis 1974. Dès l'enfance, il a participé aux défilés, assisté au meetings politiques, et suivi les campagnes électorales.

Le sens du collectif

La réussite ? "De l'audace et du courage", résume le garçon aux yeux bleu acier, chevelure et barbe couleur jais, très impliqué dans le monde associatif. Son père, Didier Cardon, militant socialiste depuis 1974 à Amiens, estime que son fils Rémi a le sens du collectif dans les veines : "Il connait tout ça et même au lycée, ses copains me racontaient que lorsque l’un d’eux avait un projet, les autres disaient 'va chercher Rémi, vas-y il va t’aider !' "

Rémi Cardon confirme, amusé : "C'est vrai, j’ai ça en moi, d’ailleurs j’ai toujours été délégué de classe ! J’ai sauté plusieurs haies avant d’en arriver là, contacté plusieurs 'barons locaux' et de nombreux élus, activé mon réseau pour gagner. Après, ça fait déjà 10 ans que je suis immergé dans le tissu associatif et politique de la Somme."

Dans la vie de ce jeune homme pressé, il y a eu le sport mais il a dû renoncer au football après avoir joué 15 ans : "Je jouais milieu défensif ou arrière gauche et des fois ça me manque."

"Il est vrai que pour le grand public, le Sénat, c’est l’institution des Sages et donc plutôt celle d’hommes et de femmes qui incarnent la République et étant disons.... en fin de carrière"

"J’y vais en tout cas avec l’envie d’être utile pour mon territoire", poursuit Rémi Cardon, qui souhaite "concrétiser" ses axes de campagne :  "Construire une vraie décentralisation, pour répondre aux urgences sociales économiques et écologiques. Remettre du service public dans les territoires, il y a un vrai besoin, il y a une fracture numérique qui s’est créée. Je suis bien placé pour le savoir, je suis chef de projet dans le numérique, un poste d’ailleurs dont je vais devoir démissionner pour assurer mon mandat au Sénat."

"S'accrocher à la vraie vie"

"Sur le plan personnel, je fais beaucoup d’allers-retours entre Amiens, ma ville, et Paris. Ce n’est pas quelque chose qui me fait peur. C’est certain que mon entrée au Sénat bouleverse ma vie" : ce soir-là, Rémi Cardon a d'ailleurs quitté sa ville d'Amiens pour rejoindre Paris, Gare du Nord, avec l'intention de faire souffler un vent de fraîcheur au Sénat. Tout en refusant d'être, malgré le tourbillon médiatique que sa jeunesse génère, "une bête de foire" à cause de son âge. Ce qui ne devrait pas empêcher les flashes de crépiter pour sa première séance au Sénat, ce jeudi 1er octobre.

Rémi Cardon, sénateur de la Somme, lors de son arrivée Gare du Nord avant sa première séance au Sénat
Rémi Cardon, sénateur de la Somme, lors de son arrivée Gare du Nord avant sa première séance au Sénat © Radio France / Cécilia Arbona

"Ce qui me fait peur, c’est de bien garder les pieds sur terre, je veux vraiment m’accrocher à la vraie vie. Je vais être vigilant sur ça pour garder le contact avec mon département et les collectivités locales avec lesquelles j’ai travaillé et que je représente pour six ans", promet Rémi Cardon. "Car vous savez ce qu’on dit souvent, c’est que les Sénateurs sont déconnectés du réel. Moi je vais m’accrocher à la vraie vie, là-dessus, je veux vraiment changer la donne."

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