Ces deux "affaires" pour Richard Ferrand tombent d'autant plus mal que la loi sur "la moralisation de la vie politique" sera l'un des premiers textes du gouvernement.

deux "affaires" pour un poids lourd du gouvernement à quelques jours d'une lois de moralisation politiques, au minimum ça tombe mal
deux "affaires" pour un poids lourd du gouvernement à quelques jours d'une lois de moralisation politiques, au minimum ça tombe mal © AFP / Charles Platiau

Affaire de sa femme, de son fils. Le Canard enchaîné met dans les cordes Richard Ferrand, ministre et pièce maîtresse du nouveau président, alors que le gouvernement prépare un projet de loi de "moralisation de la vie publique".

Selon l'hebdomadaire satirique, en 2011 les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était alors le directeur général, souhaitaient louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins. Entre trois propositions, elles choisissent celle d'une société immobilière appartenant à la compagne de Richard Ferrand qui réalise là une belle affaire financière.

Sur BFM TV Richard Ferrand a expliqué que "Les administratrices et les administrateurs du Conseil d'administration, dont je ne suis pas, ont retenu la meilleure offre, pour les conditions de travail des salariés, pour la proximité avec les transports, qui était celle d'un local détenu par ma compagne", ajoutant que le local avait fait l'objet , depuis, d'un "renouvellement de bail, donc ça veut dire que les gens se satisfont de l'endroit où est situé ce local".

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Autre affaire, là aussi dévoilée par le Canard, celle de l'embauche de son fils. Richard Ferrand, alors député, a fait travailler Emile Ferrand durant quelques mois, du 13 janvier au 16 mai 2014, en tant que collaborateur parlementaire.

Prévoyant, l'actuel ministre de la Cohésion des territoires a conservé des centaines de mails qui témoignent de l'effectivité du travail de son fils en qualité d'attaché parlementaire, à commencer par les bulletins de paie indiquant un salaire mensuel net de 1 266 euros.

Selon les mails que France Inter a pu consulter, Emile Ferrand a visiblement effectué des tâches diverses.
Celle de conseiller. "Papa" écrit-il le 9 avril, _"ne serait-il pas intéressant de faire un blog sur le discours que Valls a donné hier avec les raisons qui font que tu as voté la confiance".
_Emile Ferrand est également secrétaire, il réserve des billets de train pour les déplacements de son père. Publie ses déclarations sur son compte Facebook. Il est aussi rédacteur de "Maintenant", la lettre bi-mestrielle de Richard Ferrand sur sa circonscription.

"Tout est clair", selon l'entourage du Ministre. Ce qui n'empêche pas Richard Ferrand d'émettre lui-même quelques réserves aujourd'hui, il l'a dit cet après-midi à Yael Gooz.

Si c’était à refaire je ne le referais pas.

"Compte tenu des éventements douloureux qui ont eu lieu ces derniers mois, si c'était à refaire, je ne le referais pas. Je vois bien qu'aujourd'hui, il y a un rejet total de l'idée qu'un parlementaire puisse embaucher l'un de ses proches".

Plus qu'un rejet total, ce sera une loi. La "moralisation de la vie publique. Elle interdira entre autres à un parlementaire d'embaucher un membre de sa famille. Ce sera l'un des premiers textes du gouvernement que le garde des Sceaux, François Bayrou, doit présenter avant les élections législatives.

Une affaire qui "tombe mal"

Le porte-parole du gouvernement admet que l'affaire "tombe mal parce que ça crée la suspicion dans un contexte de suspicion", mais selon Christophe Castaner, interrogé à la sortie du conseil des ministres"sur la question de démissionner, la question ne s'est pas posée", "la probité du ministre n'est en rien remise en cause", "il ne saurait être question de sa démission".

Avis non partagé par la présidente du Front national, qui a réclamé la démission du ministre de la Cohésion du territoire, nommé mercredi dernier. "Cette affaire est très proche de (celle touchant) François Fillon", a-t-elle indiqué dans l'émission "Questions d'info"

Les Républicains ont annoncé pour leur part leur intention de saisir le procureur de la République et le procureur national financier "au regard d'informations concernant les agissements de M. Richard Ferrand et de ses proches". "Il se doit d'être relevé que ceux-ci sont d'une gravité certaine et pourraient revêtir plusieurs qualifications pénales", écrit le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, dans un communiqué.

Quant au Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, il a demandé que le Premier ministre et le ministre de la Justice s'expriment sur la situation de Richard Ferrand. "Nous soutenons également la loi sur la transparence, encore faudrait-il qu’elle soit appliquée à Richard Ferrand", a-t-il dit sur Radio Classique, "je demande à ce propos que le Premier ministre et le Garde des sceaux s’expriment à ce sujet."

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