[scald=103613:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - "Rien n'est fait" à quarante jours de l'élection présidentielle dont le résultat se jouera "sur le terrain", ont estimé mardi François Hollande et son équipe à propos de la remontée de Nicolas Sarkozy dans les enquêtes d'opinion.

En visite à Valence dans la Drôme, le candidat socialiste à l'élection présidentielle a affiché sa sérénité et appelé au rassemblement sur son nom dès le premier tour.

"Rien n'est fait, rien n'est acquis, rien n'est gagné , mais rien n'est perdu", a-t-il déclaré lors d'un meeting organisé à l'heure du déjeuner en plein air devant quelque 2.000 personnes.

"Je tiens la cap, je ne dévie pas, je connais la route, je garde le rythme, je sais où je veux vous emmener, c'est le 6 mai, c'est la victoire, pour la République et pour la France", a-t-il ajouté.

Un sondage Ifop-Fiducial pour Europe 1, Paris-Match et Public Sénat publié dans la nuit de lundi à mardi place pour la première fois le président sortant devant son adversaire socialiste dans les intentions de vote pour le premier tour.

"Cette campagne ne va pas se jouer dans les sondages, elle va se jouer sur le terrain", a commenté le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici.

"On voit tout de même dans l'opinion qu'il reste une volonté de changement extrêmement forte, notamment pour le deuxième tour (...) La volonté de changement est là", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse au siège de campagne.

Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande, a estimé pour sa part que Nicolas Sarkozy était "prêt à tout" pour remporter un second mandat.

"Face à un Nicolas Sarkozy qui est prêt à tout, à escamoter son bilan, à prendre des catégories de Français comme boucs émissaires, à fuir ses responsabilités, rien n'est fait", a-t-il dit sur Europe 1.

"Pour que François Hollande l'emporte, pour qu'il rassemble les Français au deuxième tour, il faut qu'il soit le plus haut possible au premier tour," a-t-il ajouté.

"HYPERCONFIANCE" CONTRE "HYPERPESSIMISME"

Dans le dernier baromètre Ifop, Nicolas Sarkozy obtient 28,5% des intentions de vote au premier tour, soit 1,5 point de mieux que le 26 février dans la précédente édition de ce sondage, et son rival 27%, en baisse de 1,5 point.

François Hollande reste cependant nettement en tête pour le second tour, même si l'écart se réduit de quatre points : il obtient 54,5% des intentions de vote (-2 points) contre 45,5% pour Nicolas Sarkozy (+2 points).

L'essayiste Alain Minc, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, s'est de son côté réjoui de ce sondage.

"J'espère que l'hirondelle de ce matin fera le printemps", a-t-il déclaré sur Europe 1.

"Dans les mots de Manuel Valls, ce qui me frappe c'est le début de la phrase, 'rien n'est fait'", a-t-il ajouté. "Serait-ce que soudainement l'hyperconfiance devient l'hyperpessimisme?", a-t-il ironisé.

D'autres candidats à l'élection présidentielle ont pour leur part tenu à relativiser la portée de ce sondage.

"Ça fera peut-être la joie de tous les bookmakers et de tous ceux qui parient sur l'élection présidentielle comme une course du PMU", a déclaré Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) sur France Info. "Mais la réalité est inchangée", a-t-elle ajouté.

Si d'autres enquêtes d'opinion confirment cette inversion des courbes, le chef de l'Etat, qui brigue un second mandat, aura réussi son pari : passer en tête dans les intentions de vote et créer une dynamique en sa faveur avant d'entrer dans la période d'égalité absolue du temps de parole des candidats.

Un pari qui semblait plutôt mal engagé jusqu'à son meeting géant de dimanche à Villepinte, près de Paris, qui semble avoir marqué un tournant dans sa campagne.

Chine Labbé et Catherine Bremer, avec Catherine Lagrange à Valence, édité par Elizabeth Pineau

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