[scald=103483:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - "Rien n'est fait", estime Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande, jugeant que Nicolas Sarkozy est "prêt à tout" pour remporter un second mandat.

A quarante jours du premier tour, un sondage Ifop-Fiducial pour Europe 1, Paris Match et Public Sénat publié dans la nuit de lundi à mardi place pour la première fois le président sortant devant son adversaire socialiste dans les intentions de vote pour le premier tour.

"Rien n'est fait et, face à un Nicolas Sarkozy qui est prêt à tout, à escamoter son bilan, à prendre des catégories de Français comme boucs émissaires, à fuir ses responsabilités, rien n'est fait", a dit mardi Manuel Valls sur Europe 1.

"Pour que François Hollande l'emporte, pour qu'il rassemble les Français au deuxième tour, il faut qu'il soit le plus haut possible au premier tour," a-t-il ajouté.

Dans ce baromètre Ifop, Nicolas Sarkozy obtient 28,5% des intentions de vote au premier tour, soit 1,5 point de mieux que le 26 février dans la précédente édition de ce sondage, et son rival 27%, en baisse de 1,5 point.

François Hollande reste cependant nettement en tête pour le second tour, même si l'écart se réduit de quatre points : il obtient 54,5% des intentions de vote (-2 points) contre 45,5% pour Nicolas Sarkozy (+2 points).

L'essayiste Alain Minc, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, s'est de son côté réjoui de ce sondage.

"J'espère que l'hirondelle de ce matin fera le printemps", a-t-il déclaré sur Europe 1.

"Dans les mots de Manuel Valls, ce qui me frappe c'est le début de la phrase, 'rien n'est fait'", a-t-il ajouté. "Serait-ce que soudainement l'hyperconfiance devient l'hyperpessimisme?", a-t-il ironisé.

D'autres candidats à l'élection présidentielle ont pour leur part tenu à relativiser la portée de ce sondage.

"Ça fera peut-être la joie de tous les bookmakers et de tous ceux qui parient sur l'élection présidentielle comme une course du PMU", a déclaré Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) sur France Info. "Mais la réalité est inchangée", a-t-elle ajouté.

Si d'autres enquêtes d'opinion confirment cette inversion des courbes, le chef de l'Etat, qui brigue un second mandat, aura réussi son pari : passer en tête dans les intentions de vote et créer une dynamique en sa faveur avant d'entrer dans la période d'égalité absolue du temps de parole des candidats.

Un pari qui semblait plutôt mal engagé jusqu'à son meeting géant de dimanche à Villepinte, près de Paris, qui semble avoir marqué un tournant dans sa campagne.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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