[scald=88083:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Hollande reviendra sur la hausse du taux normal de TVA annoncée dimanche par Nicolas Sarkozy s'il est élu président de la République en mai, a annoncé lundi un proche du candidat socialiste.

Le chef de l'Etat a annoncé, parmi d'autres mesures, cette hausse du taux normal de TVA de 19,6% à 21,2%, qui, couplée à une baisse des charges patronales, est censée favoriser l'emploi en baissant le coût du travail. La mesure est contestée jusque dans son camp.

La hausse de TVA est censée entrer en vigueur le 1er octobre. Cela n'arrivera pas si François Hollande, actuel favori des sondages, est président, a dit sur Canal+ Michel Sapin, chargé du programme dans l'équipe du candidat PS.

"Il est clair que si la TVA avait été votée avant, d'autant plus qu'elle n'aura pas été appliquée encore, compte tenu de ce qu'a dit le président de la République, elle ne sera pas appliquée", a-t-il dit.

La mesure est encore loin d'être adoptée, du fait d'un calendrier parlementaire très serré avant l'élection présidentielle, d'autant que le Sénat est désormais à gauche.

Michel Sapin a dit qu'un éventuel gouvernement de gauche procéderait autrement. "D'autres mesures seront mises en oeuvre pour soutenir les secteurs qui en ont besoin et leur permettre de se battre au niveau international", a-t-il ajouté.

La gauche et les syndicats, ainsi qu'une partie de la majorité, estiment que cette mesure va pénaliser le pouvoir d'achat et qu'elle n'aura pas d'effets immédiats sur l'emploi, voire pas d'effet du tout compte tenu de la faiblesse de son ampleur.

Nicolas Sarkozy a estimé qu'en période de crise, elle n'aurait pas d'effets sur les prix. Il souligne que l'Allemagne a réussi, selon son interprétation, une réforme similaire.

Michel Sapin a répondu qu'en Allemagne, la TVA était actuellement de 19%. "Ce que nous propose Nicolas Sarkozy c'est une TVA beaucoup plus élevée, c'est une baisse du pouvoir d'achat des Français, de tous les Français", a-t-il dit.

Par ailleurs, a dit l'ancien ministre de l'Economie PS, 75% des entreprises françaises ne sont pas dans la concurrence internationale, si bien qu'il n'est pas logique selon lui de procéder à une baisse de charges indifférenciée.

Sur France info, le ministre de l'Economie François Baroin a parlé d'un "choc positif autour d'un abaissement du coût du travail" concernant cette mesure sur la TVA.

Thierry Lévêque

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