C’est par un jeu de chaises musicales que l’ancien maire de Grenoble et ex-ministre de l’Environnement, candidat aux prochaines élections, va faire son retour au conseil municipal de Grenoble, 25 ans après l’avoir quitté. Il profite des démissions de deux conseillères d’opposition, qui le soutiennent pour 2020.

Maire de Grenoble entre 1983 et 1995, Alain Carignon a tenté à plusieurs reprises un retour sur le devant de la scène. Il est désormais candidat aux municipales de 2020.
Maire de Grenoble entre 1983 et 1995, Alain Carignon a tenté à plusieurs reprises un retour sur le devant de la scène. Il est désormais candidat aux municipales de 2020. © AFP / Jean-Pierre Clatot

C’est un coup de théâtre qui en a fait bondir plus d’un à Grenoble. Alain Carignon, l’ancien maire de la ville entre 1983 et 1995, siégera de nouveau au conseil municipal à partir du 16 décembre. Comme le révèle Le Dauphiné libéré, Alain Carignon, va bénéficier de la démission de deux conseillères d’opposition, qui le soutiennent par ailleurs dans sa candidature pour 2020. Habile tour de passe-passe : mardi soir, l’une de ces conseillères, Nathalie Béranger, a envoyé une lettre recommandée au maire écologiste, Éric Piolle pour lui signifier qu’elle quittait son mandat, raconte le quotidien régional.

L’autre élue d’opposition qui devait la remplacer à fait de même, de telle sorte qu’Alain Carignon, en neuvième position sur la liste de droite lors des élections de 2014, remonte et soit en capacité de siéger. Il assistera donc au prochain conseil municipal, dont le principal sujet sera le budget 2020, 25 ans après avoir quitté l'enceinte et avoir été condamné pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoin, condamnation qui lui a valu de la prison ferme. 

“J’ai toute légitimité pour participer au débat public”

Mais pas question de parler de revanche : contacté par France Inter, le principal intéressé explique qu’il laisse ses “sentiments personnels” de côté, “parce qu’en réalité c’est la situation de la ville qui compte et qu’elle est en crise”, dénonce un maire en poste qui souhaite “éviter de débattre de son bilan et de ses projets”. “Je figurais sur cette liste à laquelle 10 000 Grenoblois ont fait confiance, donc j’ai toute légitimité pour participer au débat public”, ajoute-t-il. 

Sur Facebook, un événement mis en ligne par l’équipe du maire sortant et candidat Éric Piolle, intitulé “Grenoble dit NON au retour du corrompu”, appelle à un rassemblement devant le siège de la métropole grenobloise, où se tiendra le prochain conseil municipal du lundi 16 décembre. 

La page rappelle, à travers une copie de la décision de la Cour d’appel en 1996, la condamnation de l’ancien maire de Grenoble. “Après deux décennies de tentatives permanentes de retour à la vie publique, Alain Carignon siégera à l'assemblée communale de Grenoble. (...) À Grenoble, à Levallois, et partout ailleurs, les citoyen.ne.s méritent mieux que le retour des vieilles pratiques”, écrit la liste dans un communiqué, dénonçant les “importants avantages matériels, à hauteur de 19 millions de francs” et “l’enrichissement personnel” dont a bénéficié Alain Carignon et “qu’il n’a jamais remboursé”.  

Dans un récent sondage Odoxa CGI commandé par France Bleu, franceinfo et le Dauphiné libéré, Alain Carignon était crédité de 20 % des intentions de vote, soit derrière le maire sortant Éric Piolle (32 %) et devant la candidate de la République en marche, Émilie Chalas (18 %).

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