[scald=107879:sdl_editor_representation]par Yann Le Guernigou

RUEIL-MALMAISON, Hauts-de-Seine (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'en est pris samedi à son rival socialiste François Hollande, qui s'est déclaré opposé à toute nouvelle loi votée dans la précipitation en matière de lutte contre le terrorisme après les tueries de Toulouse et Montauban.

Le président-candidat, qui était en meeting à Rueil-Malmaison, dans son ancien fief des Hauts-de-Seine, est revenu largement sur ces événements pour défendre les services de renseignement et l'action des policiers dans la traque et la neutralisation du tueur, Mohamed Merah, qui a été abattu jeudi.

"Je ne laisserai personne remettre en cause l'honneur des hommes qui, depuis les services de renseignement jusqu'aux policiers du Raid, en passant par toutes les forces armées, ont mis fin, au risque de leur vie, à la trajectoire sanglante d'un terroriste monstrueux", a-t-il dit.

"Je ne laisserai pas mettre en cause ces hommes qui veillent sur notre sécurité, sur nos droits et sur notre liberté", a-t-il ajouté dans une allusion aux interrogations et critiques exprimées à propos de la surveillance de Mohamed Merah depuis son retour d'Afghanistan et les circonstances de sa mort.

Le président sortant a indiqué qu'il recevrait tous ceux qui ont participé à l'opération "pour leur dire la fierté et la gratitude du peuple français", avant de promettre aussi de "traquer tout appel à la haine et tous ceux qui chercheraient à faire d'un tueur monstrueux un martyr".

S'en prenant directement au "candidat socialiste", il lui a reproché d'avoir déclaré que les lois antiterroristes avaient été modifiées récemment et n'avaient pas besoin de l'être davantage, en réaction à sa volonté, exprimée jeudi, d'interdire par la loi la consultation de sites internet faisant l'apologie du terrorisme.

En déplacement à Ajaccio, en Corse, François Hollande a réitéré sa position en estimant qu'il n'était pas nécessaire d'"inventer" des lois à "chaque moment".

VOLONTÉ INÉBRANLABLE

"Il oublie de rappeler qu'il n'a voté aucune des lois antiterroristes derrière lesquelles il s'abrite aujourd'hui", a-t-il dit. "Il peut s'indigner, il peut tergiverser, il peut hésiter, il peut esquiver, il peut finasser, il peut refuser de voter des lois, ces lois que je propose pour protéger la France et les Français, c'est son droit. Mais je vous le dis, ces lois seront votées si les Français choisissent de me faire confiance."

Au passage, Nicolas Sarkozy a dénoncé le "geste inadmissible" de l'enseignante qui a demandé à ses élèves d'observer une minute de silence à la mémoire de Mohamed Merah, pour saluer le "courage" des élèves qui ont refusé de la suivre.

Il a déclaré assumer "la totalité des décisions qui ont conduit à la neutralisation définitive d'un tueur monstrueux".

"Si au sommet de l'Etat, les ordres ne sont pas clairs, si, au sommet de l'Etat, la volonté n'est pas inébranlable, alors le résultat devient aléatoire", a-t-il dit, après avoir présidé dans la matinée à l'Elysée une réunion consacrée aux suites des événements de Toulouse et Montauban.

Il a tiré une nouvelle fois à boulets rouges sur l'alliance électorale entre les socialistes et les Verts, en visant les propos de la candidate de ces derniers, Eva Joly, qui a proposé de légaliser le cannabis pour lutter contre le trafic des armes du type de celles utilisées par Mohamed Merah.

"On ne sait pas si le Parti socialiste va s'indigner, demander un démenti, dénoncer cet accord électoral indigne passé avec les verts. On attend, on écoute, et bien non, rien ne se passe !".

Edité par Yves Clarisse

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