[scald=90731:sdl_editor_representation]LAVAUR, Tarn (Reuters) - Nicolas Sarkozy est revenu à la charge mardi contre le projet socialiste de modulation du quotient familial en l'accusant de remettre en cause le consensus qui a permis à la France d'avoir une natalité "que l'Europe nous envie".

En visite à Lavaur, dans le Tarn, un des rares départements où il ne s'était pas rendu depuis 2007, le chef de l'Etat s'est érigé en défenseur des classes moyennes et des familles qui, selon lui, ont besoin que les politiques en leur faveur s'inscrivent dans la continuité.

Comme il l'avait déjà fait le mois dernier lors des ses voeux à la "France solidaire", il s'en est pris aux projets de François Hollande concernant le quotient familial, que le candidat socialiste à la présidentielle souhaite aujourd'hui plafonner après avoir envisagé un temps sa suppression.

"La politique familiale de notre pays est construite sur un principe simple: nous n'avons jamais confondu la politique familiale et la politique sociale", a-t-il dit.

"La grandeur de notre politique familiale, c'est qu'elle ne fait aucune distinction entre les enfants: la République ne regarde pas si les familles sont aisées ou si les familles sont modestes, la République reconnaît à chaque famille et selon des modalités adaptées un statut particulier qui permet de faciliter l'arrivée et l'éducation des enfants", a-t-il ajouté.

Evoquant le taux de natalité de la France, Nicolas Sarkozy y a vu le résultat d'une "politique familiale forte voulue par tous les partis politiques au sortir de la dernière guerre" et dont le quotient familial est la pierre angulaire.

"RÉFLEXIONS SOTTES"

"Remettre en cause le quotient familial, puis proposer la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG affaiblira durablement une politique fiscale intelligente qui permet aux familles des classes moyennes d'élever leurs enfants, de continuer à consommer sans avoir à sacrifier le nécessaire", a-t-il ajouté en faisant allusion à une autre réforme de la fiscalité envisagée par le PS.

"Les classes moyennes, la politique familiale, le quotient familial font partie du consensus qu'il ne faut pas toucher !".

Toujours président et pas encore candidat déclaré à sa succession, Nicolas Sarkozy a aussi critiqué à mots couverts la présidente du Front national, Marine Le Pen, en indiquant que la croissance démographique de la France était due essentiellement aux familles et "contrairement à ce que certains aiment à nous faire croire (...) pas à l'immigration".

Le chef de l'Etat, qui avait entamé son déplacement par la visite d'une crèche familiale, a encore défendu le succès d'une autre mesure qui avait fait polémique lors de son vote en 2010, la suspension des allocations familiales pour lutter contre l'absentéisme scolaire.

Il a souligné que sur 33.000 familles concernées au premier semestre 2011, les allocations n'avaient été supprimées que pour 171 d'entre elles après des avertissements laissés sans réponse.

"Est-ce que cela valait la peine de faire une polémique ? Est-ce que ça valait la peine de s'insulter d'un camp à l'autre, est-ce que ça valait la peine de perdre tout ce temps avec ce torrent de démagogie, de propos déplacés, de réflexions sottes ?", a-t-il dit à l'adresse de l'opposition.

Guillaume Series, édité par Yann Le Guernigou

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