[scald=82577:sdl_editor_representation]LILLE (Reuters) - Nicolas Sarkozy et Martine Aubry se sont mutuellement promis jeudi, en marge d'un déplacement du chef de l'Etat à Lille, d'éviter les dérapages dans une campagne de plus en plus virulente à moins de trois mois de l'élection présidentielle.

Le président de la République, venu dans la ville de la première secrétaire du Parti socialiste présenter ses voeux aux fonctionnaires, a dit en présence de Martine Aubry et d'autres élus de gauche vouloir partager ceux-ci "avec tous les élus, que nous partagions ou non les mêmes convictions".

"C'est très important que nos concitoyens sachent que nous sommes capables, l'espace de quelques instants, de dominer nos différences pour manifester simplement que la République impose à l'opposition comme à la majorité de savoir se parler et se respecter", a-t-il ajouté.

Mercredi, le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a déchaîné la colère des élus socialistes en estimant que si Nicolas Sarkozy n'était pas réélu le 6 mai, les dégâts économiques et sociaux pourraient être comparables à ceux provoqués par une guerre.

Un nouvel épisode dans la guérilla que se livrent les partisans de Nicolas Sarkozy et de son futur adversaire socialiste, François Hollande.

Lors d'un aparté saisi par une équipe de télévision à l'issue du discours du chef de l'Etat, Martine Aubry l'a interpellé pour lui demander de calmer ses troupes.

"Ce que vous avez dit, vos derniers mots, faites-le partager à M. Accoyer. Et si on pouvait arriver à monter le niveau de ce débat, la République et la France y gagneraient", a-t-elle dit.

Réponse de Nicolas Sarkozy : "Faites-le partager à François Hollande quand il parle de moi."

"Mais je partage votre avis, d'ailleurs, sur Accoyer", a ajouté le président de la République, désavouant au passage le président de l'Assemblée nationale.

Martine Aubry : "Il (François Hollande) ne parle jamais de vous comme Mme Morano et M. Accoyer parlent de nous. En tout cas, moi j'y veille."

Nicolas Sarkozy : "En tout cas, sachez que c'est sincère ce que je vous ai dit. Après, chacun fait ce qu'il veut."

Martine Aubry : "Faites-le partager, j'essaierai de le faire chez moi."

Nicolas Sarkozy : "Mais je suis sûr que vous essaierez, j'en suis sûr."

Puis un mouvement de foule les a séparés, tandis que les collaborateurs et les gardes du corps du chef de l'Etat l'entraînaient un peu plus loin.

Quelques instants plus tard, devant des journalistes dans la cour de la préfecture de la région Nord-Pas-de-Calais, Martine Aubry a accusé le "candidat sortant" Nicolas Sarkozy de proférer des contre-vérités sur les effets de sa politique et lui a dénié tout droit de donner des leçons de gestion.

Emmanuel Jarry, édité par Gérard Bon

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