[scald=114445:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La crise financière qui menace encore l'Europe est revenue jeudi au premier plan dans la campagne présidentielle en France, Nicolas Sarkozy et François Hollande s'accusant mutuellement de se servir de la question des marchés à des fins électoralistes.

Le sujet avait pratiquement disparu des débats mais a refait surface sur fond de nervosité des places financières européennes, avec une pression particulière sur l'Espagne.

Selon plusieurs ténors de l'UMP, dont le Premier ministre François Fillon, une victoire de la gauche à l'élection présidentielle risquerait d'aiguiser l'appétit des spéculateurs et de faire plonger la France dans une situation analogue à celles de l'Espagne ou de la Grèce.

Sur France 2, le candidat socialiste a rejeté mercredi soir sur la droite les inquiétudes liées aux tumultes des marchés, notamment en Espagne, et estimé que la fragilité économique de la France était une conséquence directe de la mauvaise gestion de l'actuel gouvernement.

François Hollande est revenu sur le sujet jeudi matin, toujours sur France 2, en accusant le président sortant d'appeler "les marchés à la rescousse" pour l'aider à remporter la présidentielle.

L'ancien patron du PS a voulu marquer sa différence avec Nicolas Sarkozy en affirmant sa volonté d'œuvrer pour davantage de croissance et de "ne laisser aucune place aux marchés".

Le président-candidat n'a pas tardé à riposter, ironisant sur les propos de son rival et insistant sur la nécessité de calmer les inquiétudes des marchés en réduisant les déficits.

"J'ai entendu un candidat dire qu'il ne tiendrait pas compte des marchés", a dit le candidat de l'UMP lors d'un déplacement en banlieue parisienne. )

"Ne pas tenir compte des marchés, ça n'a pas de sens", a-t-il ajouté. "Si vous voulez ne pas tenir compte des marchés, je vais vous donner un bon conseil : remboursez vos dettes, réduisez vos déficits et vous n'aurez pas besoin que quelqu'un vienne vous prêter de l'argent, voilà comment on peut ne pas tenir compte des marchés".

Le chef de l'Etat et son Premier ministre François Fillon ont multiplié les mises en garde contre les conséquences qu'aurait, selon eux, l'application du projet présidentiel de François Hollande, qui fait figure de favori face à Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote pour le deuxième tour.

Service France, édité par Patrick Vignal

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