[scald=86431:sdl_editor_representation]par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - En quête d'une martingale pour éviter une défaite à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a confirmé mardi devant sa majorité son intention d'intervenir dimanche à la télévision sur les mesures qu'il entend prendre pour relancer l'économie.

Le chef de l'Etat, qui pourrait donner à cette intervention un caractère large en parlant sur plusieurs chaînes, présentera notamment ses arbitrages sur la réforme du financement de la protection sociale, l'amélioration de la compétitivité des entreprises et la taxe sur les transactions financières.

Autant de chantiers controversés et risqués qu'il souhaite néanmoins lancer avant la suspension de la session parlementaire fin février-début mars pour cause de campagne électorale et l'officialisation de sa propre candidature.

Parmi les dispositifs envisagés, celui de la "TVA sociale" qui consiste à déplacer une partie du financement des charges sociales vers la TVA.

"Nous voulons produire en France, nous voulons éviter que les usines se délocalisent pour produire à l'étranger et faire revenir les produits détaxés, alors nous allons baisser le coût du travail", a dit la ministre du Budget Valérie Pécresse, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

En attendant, Nicolas Sarkozy a fourni mardi matin aux chefs de la majorité réunis à l'Elysée les éléments pour une riposte organisée contre le candidat socialiste François Hollande, toujours en tête dans les sondages après le succès de son premier grand meeting de campagne, dimanche dernier au Bourget.

Selon des participants, il a invité ses troupes "à ne rien laisser passer" chez François Hollande et dénoncé, dans les propositions du candidat socialiste, "une attaque sans précédent contre les classes moyennes".

Un leitmotiv repris en boucle toute la journée par des ténors du gouvernement et du parti présidentiel.

"Le candidat socialiste renonce déjà à tous les efforts que nous avons faits pour réduire les déficits", a ainsi déclaré le Premier ministre, François Fillon, lors de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée nationale, selon des députés. "Derrière ce discours irresponsable il y a un matraquage fiscal."

SARKOZY SEREIN EN PRIVÉ

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé s'est quant à lui efforcé de galvaniser parlementaires, cadres et militants du parti en leur demandant à la fois de "valoriser" le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy et d'opposer au candidat socialiste une riposte "extrêmement ferme".

"Vous aurez bien sûr comme toujours dans ces moments-là toute une série d'observateurs qui vont venir nous prédire les résultats avant", a-t-il dit, faisant notamment allusion aux sondages qui donnent Nicolas Sarkozy largement battu par François Hollande au second tour de l'élection, le 6 mai.

"Ne vous y trompez pas", a-t-il insisté : "Ça s'appelle de la guerre psychologique, on n'est pas obligé de se laisser impressionner."

En petit comité, Nicolas Sarkozy affiche une certaine sérénité et fait valoir que les Français sont aujourd'hui plus préoccupés par la crise que par la campagne présidentielle.

Il confie qu'en cas de défaite il quittera la politique. "C'est une certitude, dit-il. Je changerai complètement de vie et vous n'entendrez plus jamais parler de moi."

Il assure néanmoins être confiant dans sa capacité à créer la "surprise" et se présente en "challenger" - "ça se jouera sur un discours, quelques propositions et un tempérament que les Français jugeront ou non adapté à la situation".

"Pour un sortant, s'il n'est pas challenger, c'est perdu", dit-il. Et de considérer que "les Français ne sont pas entrés du tout dans la campagne".

Officiellement, membres du gouvernement, dirigeants et parlementaires de l'UMP se déclarent convaincus que la stratégie du chef de l'Etat, qui a décidé de retarder sa déclaration de candidature le plus longtemps possible, est la bonne.

Mais beaucoup disent en privé leurs doutes à la fois sur la stratégie du président et de l'UMP, ainsi que sur les chances de Nicolas Sarkozy d'être réélu.

"Les 15 jours qui viennent vont être déterminants, estime ainsi un député. On va voir les annonces du président de la République et il sera intéressant de voir si le curseur bouge dans les huit jours qui suivront. Sinon, on pourra se dire que les carottes sont un peu cuites."

Avec Emile Picy et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.