En septembre 1999, Lionel Jospin alors Premier ministre avait répondu aux ouvriers menacés de perdre leur emploi chez Michelin: « il ne faut pas tout attendre de l’Etat ». Hier, en reconnaissant que les caisses de l’Etat étaient vides et que l’intéressement et la participation étaient des solutions pour répondre aux demandes des Français sur le pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy a finalement dressé le même constat que Lionel Jospin. Ce dernier avait avoué l’impuissance du rôle de l’Etat face à une décision permettant d’adapter une entreprise aux effets de la mondialisation. Le second avoue son impuissance sur les leviers d’action dont dispose ce même Etat en matière de pouvoir d’achat. Six mois et 15 milliards d’euros en moins dans les caisses, le candidat Sarkozy devient réellement Président et reconnaît enfin la vérité : une hausse du pouvoir d’achat ne se décrète pas à coup de loi votée à la hussarde. Elle ne peut être que la résultante de création de richesse et donc de croissance. En revanche, l’Etat peut jouer son rôle d’impulsion en mettant en œuvre les conditions qui permettront cette hausse tout en assurant une meilleure répartition de la richesse produite. Les propositions que la Commission Attali mettra sur la table dans quelques jours devraient permettre de donner au gouvernement Fillon les instruments pour lever certains verrous qui bloquent la croissance. Conditionner les baisses de charges à une ouverture des négociations salariales est dans un deuxième temps un excellent moyen de pression pour forcer les entreprises qui en ont les moyens à engager les discussions sur les hausses de salaires. Quant à la participation et l’intéressement, l’idée est certes séduisante sur le papier, mais elle devrait très vite se heurter à une difficulté bien connue de notre tissu économique: l’atomisation de nos PME. Une seule minorité de grandes entreprises qui réalisent d’importants bénéfices peut aujourd’hui proposer une telle politique de revenus à leurs salariés. Pour les autres, cela relève bien souvent de l’utopie.

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