Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, reste sous le coup de deux mises en examen. Sera-t-il gêné dans ses ambitions par les dossiers judiciaires ?

Nicolas Sarkozy a passé quinze heures de garde à vue en 2014 pour soupçons d'irrégularités dans sa campagne de 2007
Nicolas Sarkozy a passé quinze heures de garde à vue en 2014 pour soupçons d'irrégularités dans sa campagne de 2007 © Reuters / Pascal Rossignol

Deux gros cailloux sont dans la chaussure de l'ancien président de la République, désormais candidat :

  • L'affaire des écoutes. Nicolas Sarkozy est mis en examen pour corruption et trafic d'influence depuis juillet 2014. Avec son avocat Maître Thierry Herzog, il est soupçonné d'avoir voulu obtenir auprès d'un haut magistrat des informations confidentielles sur le dossier Bettencourt. En mars, la Cour de cassation a validé les écoutes téléphoniques. Mais la chambre de l'instruction, saisie par l'ancien chef de l'État, a repoussé en mai cette perspective en annulant des actes et en obligeant les juges d'instruction à rouvrir le dossier, notamment pour entendre Nicolas Sarkozy. L'enquête se poursuit et un éventuel renvoi en procès n'interviendra pas avant des mois, sauf rebondissement procédural.

  • Le dossier Bygmalion, l'affaire des comptes de campagne. L'ex-président a été mis en examen en février 2016 pour financement illégal de sa campagne en 2012. Pour la justice, Nicolas Sarkozy savait forcément qu'il allait dépasser le plafond légal autorisé dans le cadre du scrutin présidentiel. L'instruction est terminée depuis le 6 juin 2016. Le 5 septembre 2016, le parquet de Paris a demandé le renvoi en correctionnelle des quatorze mis en examen dans cette affaire, dont Nicolas Sarkozy. Les juges ont ensuite un mois pour prononcer un non-lieu ou renvoyer l'ancien dirigeant devant le tribunal. Des recours étant possibles, on devrait dépasser la date de l'élection présidentielle.

Nicolas Sarkozy et les affaires par Nathalie Hernandez :

D'autres dossiers menacent Nicolas Sarkozy :

  • Les enquêtes sur le financement libyen de la campagne de 2007. Des juges enquêtent depuis avril 2013 sur des accusations de financement libyen formulées par l'intermédiaire Ziad Takieddine et d'ex-dignitaires, tandis que d'autres ont démenti. L'ex-secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant a été mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée.

  • Les sondages de l'Élysée. Les juges enquêtent sur les commandes de sondages de la présidence sous le quinquennat Sarkozy. Son conseiller d'alors Patrick Buisson est soupçonné d'avoir profité de sa position pour réaliser d'importants bénéfices sur des sondages qu'il commandait au nom de sa société et revendait à l'Élysée.

  • Arbitrage Tapie. Six personnes sont mises en examen, dont Bernard Tapie, notamment pour escroquerie en bande organisée. Cet arbitrage a accordé, en 2008, 403 millions d'euros à l'homme d'affaires dans son litige avec le Crédit lyonnais sur la revente d'Adidas. Les juges soupçonnent que cet accord soit un "simulacre" pour favoriser Tapie, avec un aval politique. L'enquête est terminée depuis le 23 juin. Nicolas Sarkozy n'a pas été mis en cause mais les juges ont demandé à l'entendre comme témoin, ce qu'il a refusé.

Les dossiers où Nicolas Sarkozy a été mis hors de cause :

  • Affaire Karachi. Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l'époque, a été cité dans cette enquête sur des soupçons de rétrocommissions en faveur du camp Balladur en marge de ventes d'armes dans les années 90. Mais lorsqu'ils ont transmis le dossier à la Cour de justice de la République, les juges ont visé l'ex-Premier ministre Édouard Balladur et son ministre de la Défense, François Léotard, laissant simplement ouverte la possibilité d'une audition de Nicolas Sarkozy comme témoin assisté.

  • Voyages en jet. L'enquête sur les voyages en jet privé de Nicolas Sarkozy facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit s'est achevée sans mise en examen, ce qui laisse présager un non-lieu comme l'a requis le parquet.

  • Pénalités. L'enquête, qui s'est soldée par un non-lieu général, visait des pénalités infligées à Nicolas Sarkozy mais réglées par l'UMP pour le dépassement de son plafond de dépenses de campagne en 2012.

  • Affaire Bettencourt. L'ancien chef de l'État, un temps mis en examen pour "abus de faiblesse" de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, a bénéficié en 2013 d'un non-lieu "en l'absence de charges suffisantes".