[scald=113975:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a proposé mercredi la conclusion de "contrats individualisés" négociés entre l'Etat et les grandes collectivités locales, celles de plus de 30.000 habitants, qui permettraient de récompenser les plus vertueuses en matière de finances publiques.

Intervenant devant des élus locaux de la majorité réunis à la salle de la Mutualité à Paris, le président candidat a une nouvelle fois insisté sur la nécessité pour les villes, départements et régions de contribuer à l'objectif de réduction des dépenses publiques, un sujet de contentieux avec l'opposition socialiste.

"Les grandes collectivités locales, et c'est incontournable, devront appliquer comme l'Etat la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux (partant à la retraite)", a-t-il répété.

"Je sais que la pyramide des âges n'est pas même, je sais qu'il y a des difficultés mais je vais vous dire une chose : c'est le même électeur, c'est le même contribuable".

Nicolas Sarkozy a déjà indiqué qu'il proposerait un système de "bonus malus" permettant à l'Etat de moduler ses dotations en fonction des efforts réalisés par chaque collectivité. Pour sa mise en oeuvre, il a prôné mercredi la négociation de "contrats individuels" entre les deux parties.

FEUILLES D'IMPÔT DIFFÉRENCIÉES

"Bien sûr (...) il ne suffit pas de s'en tenir au critère de la richesse et au critère du nombre d'habitants, d'autres paramètres doivent entrer en compte, mais on ne pourra pas faire l'économie de ce pacte de stabilité individualisé collectivité par collectivité, région, département ou grande commune", a-t-il dit.

Il a également proposé que, par souci de transparence, les contribuables reçoivent des feuilles d'impôt de chaque collectivité, "pour que chaque Français sache précisément ce qu'il paye pour la région, pour le département, pour sa commune."

Il en a profité pour s'en prendre à son adversaire socialiste François Hollande, accusé de défendre un programme dispendieux qui plongerait la France dans une situation de crise analogue à la Grèce ou à l'Espagne.

"J'entends que chez certains, on se sent inspiré par l'esprit de 1981. C'est leur droit. En 1981, il a fallu deux ans pour que tout s'arrête et tout se retourne, en 2012 il faudrait deux jours, c'est ça la vérité", a-t-il indiqué.

"Je sais bien qu'on ne fait pas campagne sur les additions, sur les soustractions, sur les comptes mais on ne fait pas campagne non plus en promettant la ruine à un pays que l'on prétend aimer", a-t-il poursuivi en réitérant que le retour à l'équilibre des finances publiques de la France à l'horizon 2016 était un "engagement incontournable".

Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, édité par Patrick Vignal

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