[scald=66631:sdl_editor_representation]TOULOUSE (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est posé mardi en défenseur de la filière nucléaire française et de son caractère stratégique face à ceux "qui ne croient pas au progrès technique".

Critiquant une nouvelle fois implicitement l'accord électoral entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-les Verts (EELV) qui prévoit la fermeture de 24 réacteurs nucléaires, le chef de l'Etat a évoqué les dangers d'une "remise en cause d'un secteur industriel tout entier".

"J'ai la tristesse d'entendre de plus en plus de discours remettant en cause l'idée même du progrès, y compris dans des domaines jusqu'à présent incontestés de notre pays, qui faisaient l'objet d'un consensus politique entre la gauche et la droite", a-t-il dit.

"Comment comprendre autrement la remise en cause de notre programme nucléaire ?", a demandé Nicolas Sarkozy dans un discours prononcé à Toulouse pour le 50e anniversaire du Centre national d'études spatiales (Cnes).

"C'est un sujet grave, car il implique la remise en cause d'un secteur industriel tout entier, ainsi que des centaines de milliers d'emplois", a-t-il encore déclaré.

S'il n'est pas officiellement en campagne pour 2012, il n'entend rien lâcher sur le sujet et a annoncé qu'il irait dans la Drôme vendredi pour l'évoquer plus longuement.

Il devrait se rendre à cette occasion à l'usine d'enrichissement d'Areva du Tricastin, qui fournit un des composants du Mox, ce combustible pour centrales nucléaires fabriqué à partir de plutonium et d'uranium appauvris dont l'accord PS-EELV prévoit l'arrêt à terme de la production.

"Le rôle d'un chef d'Etat, c'est de protéger les intérêts stratégiques d'un pays sur le long terme, que ça soit pour le spatial, que ça soit pour le nucléaire", a dit Nicolas Sarkozy devant le personnel du Cnes.

"Vous ne pouvez pas connaître des ruptures du fait d'alternances démocratiques, il doit y avoir un consensus lorsque l'intérêt de la Nation est en cause, c'est mon rôle de ne pas laisser dilapider un héritage que nous avons reçu", a-t-il poursuivi.

Pour Nicolas Sarkozy, le nucléaire est un atout "considérable" pour la France, à qui il apporte une "énergie moins chère, une énergie plus propre, une énergie sûre".

"Je ne pourrais pas accepter que notre pays dévie de la trajectoire de progrès, de connaissance, de recherche, d'innovation qui est la sienne (...) en clair, il n'y a aucun avenir dans une stratégie de décroissance", a-t-il conclu.

(Yann Le Guernigou)

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