[scald=102499:sdl_editor_representation]par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy présentera dimanche sa vision de la France à l'horizon 2017 lors d'un meeting géant à Villepinte, près de Paris, pour tenter d'inverser la tendance des sondages avant le premier tour de l'élection présidentielle.

Son équipe de campagne se défend de vouloir en faire un contre-Bourget - c'est là, près de Villepinte, que le candidat socialiste et favori des enquêtes d'opinion François Hollande a relancé sa campagne le 22 janvier devant 20.000 personnes.

"Le Bourget n'est pas une référence pour nous", assure la porte-parole du président sortant, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Tout est néanmoins organisé pour faire du seul meeting national de Nicolas Sarkozy avant le premier tour de la présidentielle, le 22 avril, une démonstration de force.

Le chef de l'Etat n'a pas réussi jusqu'ici à conjurer la perspective d'une défaite annoncée par les sondages, malgré un début de campagne très offensif contre François Hollande.

Si les courbes se sont rapprochées depuis l'officialisation de sa candidature le 15 février, elles ne se sont pas croisées comme il l'espérait et il est donné largement battu au second tour par le candidat socialiste, dans ce qui prend de plus en plus l'allure d'un référendum anti-Sarkozy.

A 41 jours du premier tour, le président sortant aura donc à coeur dimanche de marquer les esprits, comme il l'avait fait le 14 janvier 2007 lors d'un meeting qui avait rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes Porte de Versailles, à Paris.

Les proches du chef de l'Etat sortant disent attendre quelque 60.000 participants de toute la France et annoncent 600 journalistes accrédités. Et le candidat s'est lui-même chargé d'en faire la publicité vendredi, lors d'un déplacement à Nice.

CONSEIL NATIONAL DE L'UMP

La réunion de Villepinte "s'annonce comme un rassemblement d'une importance absolument considérable", a-t-il déclaré.

"Je parlerai de la France et des Français. Je veux leur dire ce qu'ensemble on peut faire, comment on peut faire de la France (un) très grand pays dans les cinq années qui viennent", a ajouté Nicolas Sarkozy, dont le slogan est "La France forte".

Depuis le 15 février, il a présenté une quarantaine de propositions au gré de ses réunions publiques et interventions dans les médias et il pourrait en présenter encore d'autres à Villepinte.

Pas question pour autant de présenter un "programme" sous forme d'un catalogue de mesures, assure Nathalie Kosciusko-Morizet : "Il s'agit de présenter sa vision de la France forte et d'ordonner ses propositions autour de cette vision."

"Il n'y aura pas tout. Il faut que vous ayez encore des choses à écrire", a pour sa part dit à des journalistes le député UMP Eric Ciotti, qui accompagnait le candidat à Nice.

Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy entend aussi faire de Villepinte un "moment de rassemblement qui déborde largement l'UMP".

Le meeting proprement dit sera précédé dimanche matin par un Conseil national de l'UMP, avec prise de parole des principaux ténors du parti présidentiel en soutien au candidat.

Puis, à partir de midi, se succéderont au micro d'autres intervenants, dont la présidente du Parti Chrétien-démocrate, Christine Boutin, le président du Nouveau Centre, Hervé Morin et le dirigeant de Chasse, pêche, nature et tradition, Frédéric Nihous, qui ont rallié la candidature de Nicolas Sarkozy.

Le président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, pourrait également figurer parmi les intervenants, bien qu'il laisse planer le suspense sur sa participation en attendant la réunion, samedi, du congrès de sa formation.

ANALYSTES SCEPTIQUES

Il ne fait cependant pas mystère de son ralliement au chef de l'Etat, avec qui il avait pris ses distances après son départ du gouvernement en novembre 2010.

Il est prévu que Nicolas Sarkozy monte à la tribune vers 13h40 et parle près d'une heure, avant d'aller au Stade de France voisin pour assister au match de rugby France- Angleterre du Tournoi des Six nations à 16h00.

Un discours auquel il aura consacré toute la journée de samedi, chez lui, selon un de ses proches conseillers.

Pour Jérôme Fourquet, de l'Ifop, l'enjeu est pour le chef de l'Etat de "reprendre l'ascendant psychologique et médiatique" sur François Hollande, de "montrer qu'il y a une armée en marche derrière lui et que l'ensemble des droites est rassemblé".

Les analystes, de même que certains élus de la majorité, sont cependant sceptiques.

"J'irai pour écouter, j'espère que cela permettra de limiter les dégâts, sinon on va au devant de graves désillusions", dit ainsi un parlementaire UMP. "Il faut que Sarkozy assume la rupture, y compris avec lui-même, ou alors il va dans le mur."

Pour Gaël Sliman, de BVA, le meeting de dimanche ne peut pas "faire la différence", ni "transformer la profonde impopularité de Nicolas Sarkozy en adhésion à sa personne" dans le pays.

"Ça ne jouera que marginalement", estime cet analyste, pour qui seul un "choc exogène" - une crise internationale, par exemple - est susceptible de lui redonner des chances de l'emporter le 6 mai en lui permettant de jouer de son expérience et de retrouver un rôle de protecteur des Français.

Avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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