Quand pourra-t-on voter pour le second tour des municipales ? Fin juin, si les conditions sanitaires le permettent. Tour d’horizon des "pour", des "contre" et de ceux qui s'abstiennent sur le sujet.

Le second tour des municipales pourra-t-il se tenir dès le mois de juin ?
Le second tour des municipales pourra-t-il se tenir dès le mois de juin ? © AFP / Nicolas Tucat

Le second tour des élections municipales, reporté à cause du coronavirus, aura lieu le 28 juin (si les conditions sanitaires le permettent) ou en janvier 2021, a affirmé Edouard Philippe lors d'une réunion avec les chefs des partis politiques mercredi.

Quand certains élus dénoncent un "confinement démocratique", d'autres plaident pour reporter de plusieurs mois ce deuxième tour. Dans son avis rendu au gouvernement le 18 mai, le Conseil scientifique ne s'est pas opposé à sa tenue en juin, même s'il pose un certain nombre de conditions afin de renforcer la sécurité sanitaire durant l'ensemble du processus électoral, soulignant la difficulté "d'anticiper une situation incertaine pour les semaines à venir". Selon le conseil, si ces élections se tenaient en juin, il faudrait procéder à une nouvelle évaluation des conditions sanitaires 15 jours avant la date retenue. 

Mardi, la vingtaine de maires qui a échangé avec Emmanuel Macron a en tout cas souhaité qu'il se tienne "au plus vite" et la date du 28 juin a même été avancée, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner tandis que mercredi soir, Edouard Philippe recevait à Matignon les principaux chefs de partis. Reste que la question divise, à gauche comme à droite, même s'il ne s'agit là que 5 % des communes (5000 dont essentiellement les villes), les 95% restants (principalement des communes rurales) ayant pu élire leurs équipes municipales dès le premier tour. 

Qui est pour ? 

  • Anne Hidalgo, maire de Paris. Favorable à la tenue d'une deuxième tour au mois de juin tout comme trente-cinq autres élus (de droite comme de gauche), qui ont signé dans le Journal du Dimanche une tribune allant dans ce sens. Christian Estrosi, maire de Nice, Stéphane Le Foll, maire du Mans, François Rebsamen, maire de Dijon, Nicolas Florian, maire de Bordeaux ou Martine Vassal, présidente de Marseille-Métropole l'ont aussi signée. 
  • Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. Il s'est dit sur LCI favorable à la tenue d'un second tour "le plus rapidement possible", "si les conditions sanitaires le permettent."
  • François Baroin, président (LR) de l'Association des maires de France et maire de Troyes. "Si les experts considèrent que l’épidémie est en quelque sorte sous contrôle, que le cadre protecteur de l’organisation des bureaux de vote permet une mobilisation électorale et de terminer le scrutin fin juin, l’association des maires de France est favorable à cela", a-t-il déclaré sur Europe 1.
  • Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de l'association France urbaine. Dans une lettre conjointe avec François Baroin adressée au Premier ministre Édouard Philippe, il plaide pour un second tour "dans le courant du mois de juin."
  • Louis Aliot, député Rassemblement National des Pyrénées-Orientales. "Il faut purger ce second tour des élections au mois de juin, si la sécurité (sanitaire) est là", a-t-il estimé chez nos confrères de franceinfo.
  • François Bayrou, président du Modem et maire de Pau. Il est pour la tenue de ce deuxième tour : "la raison, c'est de voter fin juin", a -t-il affirmé sur France Inter, "si on peut sanitairement, s'il n'y a pas de rebond de l'épidémie."
  • Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Ecologie Les Verts. Il est plutôt favorable à la tenue du scrutin le 28 juin, à condition que la situation soit réévaluée 15 jours avant et que des masques soient distribués aux électeurs.
  • Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. Il plaide pour un déconfinement de la démocratie, mais demande à ce que tout puisse être arrêté, jusqu'au dernier jour, si la situation sanitaire se dégrade. 

Qui est contre ?

  • Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale (LREM). Il est "non raisonnable" d'organiser des élections en juin, a-t-il déclaré sur France Télévisions. Il plaide pour un report de l'élection en mars 2021, même s'il se rangera "à l'avis majoritaire de la majorité."
  • François Patriat, président du groupe LREM au Sénat. "Pas chaud" pour un second tour en juin, dit-il dans les colonnes du Parisien.
  • Jean-Christophe Lagarde, chef de file de l'UDI. Il a qualifié un possible second tour fin juin d' "irresponsable sanitairement" et de "parfaitement aberrant démocratiquement", lors d'un point presse en ligne.
  • Christophe Bouchet, maire radical de Tours. "Je crains beaucoup que ce soit une espèce de simulacre démocratique et j'ai peur qu'on décrédibilise encore un peu plus nos fonctions d'élus", déplore-t-il sur France Inter. Il s'inquiète aussi pour les assesseurs, qui "pour les trois-quart ont plus de 65 ans."
  • Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. Il s'inquiète pour la sincérité du scrutin et plaide pour un second tour après l'été. "Ne refaisons pas une erreur"
  • Jean-Luc Mélenchon, président du groupe La France Insoumise à l'assemblée. Pour LFI, il n'est pas souhaitable d'organiser un scrutin sans campagne. "Pas de campagne, pas de vote" indique le député insoumis Alexis Corbière sur son compte twitter.

Qui s'abstient ?

  • Gérard Larcher, président du Sénat. "C'est à l’exécutif de décider", a-t-il jugé mardi sur franceinfo. Sous conditions : "si le Conseil scientifique considère que l'évolution de la crise sanitaire permet de tenir ces élections, il me semble important qu'elles puissent se tenir, en étant attentif à la prévention, aux gestes barrières."
  • Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national. Sur Radio classique, elle estime que "ce n'est pas à l'opposition de décider" si le second tour des municipales doit ou non être organisé en juin. Elle appelle le gouvernement à "assumer" cette décision.
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.