François Fillon et Alain Juppé vont débattre ce jeudi pour une ultime rencontre avant le second tour de la primaire. Sur le plan de la Justice, les deux candidats s'opposent.

Les deux candidats proposent des solutions différentes pour renforcer la réponse pénale, la lutte contre le terrorisme, mais aussi mettre un terme au malaise policier
Les deux candidats proposent des solutions différentes pour renforcer la réponse pénale, la lutte contre le terrorisme, mais aussi mettre un terme au malaise policier © Maxppp / PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Quelle sera la position du futur candidat de la droite du centre pour la présidentielle en matière de sécurité et de Justice ? Sur ces sujets, peut-être évoqués jeudi soir pendant le débat de l'entre-deux tours, François Fillon défend une position beaucoup plus réformatrice qu'Alain Juppé.

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy souhaite axer sa campagne sur la restructuration de la Justice et du renseignement, quand Alain Juppé se contente de vouloir renforcer le système carcéral.

Les deux finalistes de la primaire de la droite et du centre s'accordent sur la coordination - ou le rassemblement - des services de renseignement, ainsi que sur une coopération européenne en la matière. En revanche, François Fillon va plus loin en souhaitant créer un "grand ministère de la Sécurité nationale".

Une politique pénale renforcée

François Fillon annonce également 16.000 places de prison supplémentaires, contre 10.000 pour le maire de Bordeaux. En ce qui concerne le service pénitentiaire, François Fillon souhaite le rattacher à l'Intérieur (aujourd'hui, c'est le ministère de la Justice qui s'en charge). Pas Alain Juppé, qui veut pourtant créer une police pénitentiaire qui resterait rattachée à la Justice.

En matière de politique pénale, les deux hommes souhaitent un durcissement. Plus modéré du côté d'Alain Juppé, qui voudrait réformer la procédure pénale mais aussi supprimer les remises de peines automatiques, ré-instaurer les peines planchers et assurer une plus stricte application de l'aménagement des peines. François Fillon va plus loin : il veut que tout délit entraîne une peine effective.

Davantage de moyens pour les policiers

Pour mettre un terme au malaise des policiers, les deux candidats apportent la même réponse : augmenter les moyens et alléger les tâches administratives. François Fillon chiffre cette augmentation à deux milliards d'euros supplémentaires pour la police et la Justice, Alain Juppé parle plutôt de 10.000 postes de policiers supplémentaires et du redéploiement de 5.000 policiers, chargés aujourd'hui de tâches administratives, sur le terrain, mais aussi du recrutement de magistrats.

Le maire de Bordeaux souhaite aussi mettre en place, dès le début du quinquennat, une loi de programmation pour la sécurité et la Justice et aligner la légitime défense des policiers sur celle des gendarmes. Une proposition qui a été court-circuitée par les récentes mesures que le gouvernement s'apprête à rédiger et à faire voter.

Il propose aussi le retour de la taxe finançant l'aide juridictionnelle.

Pour François Fillon, l'accent est mis sur l'armement de la police municipale, partout en France, et sur l'appui des sociétés de sécurité privées qui pourraient prendre le relais de la police pour les gardes statiques.

Divergences sur la détention préventive des fichés S

Enfin, là où Alain Juppé plaide pour la détention préventive des fichés S suspectés d'actes terroristes et la création de centres de rétention dédiés à cette frange de la population, son adversaire s'y oppose : pas de rétention pour les fichés S mais la déchéance de nationalité des djihadistes partis combattre à l'étranger - quitte à en faire des apatrides - et l'expulsion systématique des étrangers condamnés pour des crimes et des délits graves, ainsi que ceux appartenant aux mouvances intégristes.

François Fillon souhaite également mettre en place une série de mesures supplémentaires pour lutter contre le terrorisme, comme la création de cours d'assises spéciales, dédiées à la question du terrorisme, mais aussi la création d'une "no-fly" liste, à l'image de celle qui existe aux États-Unis et qui interdit certains individus à monter à bord d'un vol commercial vers ou depuis les États-Unis. Enfin, le candidat arrivé en tête du premier tour de la primaire veut mettre en place une déclaration de soupçon des géants du web pour les inciter à lutter plus activement contre le terrorisme.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.