Ségolène Royal ne sera bientôt plus ambassadrice des pôles. En cause, visiblement, ses prises de positions publiques contre l'exécutif. "Le président va mettre fin à mes fonctions", écrit-elle, "j'en prends acte". Cette décision sera appliquée le 24 janvier à l'issue du Conseil des ministres, indique l'Élysée.

Ségolène Royal a été nommée en septembre 2017 ambassadrice des Pôles.
Ségolène Royal a été nommée en septembre 2017 ambassadrice des Pôles. © AFP / Eric Piermont

Pas question de laisser le gouvernement l'annoncer à sa place. Après la publication d'un article du Canard Enchaîné, Ségolène Royal a pris les devants, ce mardi, annonçant sur sa page Facebook son "licenciement", "sans entretien préalable", de la mission bénévole sur les pôles Arctique et Antarctique qui lui a été confiée en septembre 2017 par Emmanuel Macron.

Elle publie ainsi une lettre datée du 7 janvier, envoyée par le ministère des Affaires étrangères, qui lui reproche ses récentes prises de parole publiques, "qui mettent en cause la politique du gouvernement à la mise en oeuvre de laquelle, en votre qualité d'ambassadrice, vous êtes étroitement associée"

"Je comprends par cette lettre que le président de la République va mettre fin à mes fonctions à un prochain conseil des ministres puisque je n’ai pas l’intention de renoncer à ma liberté d’opinion et d’expression garantis par la Constitution. J’en prends acte", écrit Ségolène Royal. 

Mardi soir, l'Élysée indique à France Inter que le licenciement de Ségolène Royal prendra effet après le conseil des ministres du 24 janvier, lors duquel, selon la formule consacrée, "sur proposition du ministère des Affaires étrangères, il sera mis fin à ses fonctions comme ambassadrice des pôles".

Tacles sur la réforme des retraites

L'ancienne candidate à la présidentielle avait déjà publiquement reçu un ultimatum, adressé par la ministre de la Transition écologique et solidaire, le 12 janvier. "Je pense que Ségolène Royal va devoir faire un choix : soit elle veut rester ambassadrice, et évidemment il y a un devoir de réserve, soit elle veut avoir sa liberté de parole (...) et dans ce cas il faut qu'elle ne soit plus ambassadrice soumise à une obligation de réserve", avait ainsi déclaré Élisabeth Borne sur BFM TV.

De fait, Ségolène Royal multiplie depuis quelques temps les critiques à l'égard de l'exécutif, notamment sur la réforme des retraites. Dans une interview publiée le 5 janvier par le Parisien, elle décrit "une dérive vers le système américain, vers l'ultralibéralisme" et appelle à ne pas accepter "la découpe du modèle social français", évoquant des "décisions politiques d'un autre âge". 

Sur le plateau de France 2, elle déplore "l’instrumentalisation  des régimes spéciaux pour dresser les Français les uns contre les autres, pour désigner de faux privilégiés". "Faut-il un référendum sur les retraites ?" lui demande la journaliste Caroline Roux. "Emmanuel Macron ne le fera pas puisqu'il sait qu'il le perdra", répond l'ancienne ministre de François Hollande.

Sur son compte Twitter, Ségolène Royal a également fustigé la politique gouvernementale en matière d'écologie. "Où en est l'interdiction du glyphosate, promise en trois ans ?" interroge-t-elle, en référence à la promesse de campagne du candidat Macron.

Dans un autre message, elle qualifie de "drame inqualifiable" la mort de Cédric Chouviat, livreur de 42 ans mort après une interpellation contestée. "Mais que devient la France nous disent de partout ceux qui admiraient le pays des Droits humains ?", écrit l'ancienne ministre. 

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