La Direction générale des collectivités locales s'est penché sur l'évolution de la parité au seins des élus. Si la proportion de femmes a augmenté dans les conseils municipaux, un plafond de verre subsiste. Elles sont toujours moins nombreuses à des fonctions à responsabilités.

En janvier 2019, les conseils municipaux étaient composés de 40 % de femmes. Mais seulement 17 % des maires sont des femmes.
En janvier 2019, les conseils municipaux étaient composés de 40 % de femmes. Mais seulement 17 % des maires sont des femmes. © AFP / Thibault Camus / POOL

En 1995, les conseils municipaux comptabilisaient 20 % de femmes. Désormais, elles sont 40 %. Une progression dans la parité entre les élus indéniable. Et pourtant, les inégalités demeurent. Xavier Niel, statisticien à la Direction générale des collectivités locales, note dans une étude publiée ce jeudi que les élues sont encore peu nombreuses à occuper des postes à responsabilité, en particulier dans les petites communes, où la parité n'est pas obligatoire.

En janvier 2019, quatre membres sur dix des conseils municipaux étaient des femmes. Mais à la tête de la commune, les maires ne sont que 17 % à être des femmes. Les premiers adjoints sont eux aussi des hommes en grande majorité (29 % de femmes seulement), de même que les seconds adjoints (38 % sont des femmes). Enfin, les femmes sont 43 % à occuper des fonctions d'autres adjoints et de conseillers.

Xavier Niel note néanmoins un résultat encourageant : quand le maire est une femme, la proportion de femmes dans son conseil municipal est plus importante. Le sexe du maire a donc "une certaine influence".

Obliger la parité des listes des petites communes ?

En 2008, la loi sur la parité électorale a évolué, obligeant les communes de plus de 1 000 habitants à avoir autant de femmes que d'hommes membres des conseils municipaux, contre 3 000 auparavant. Aux élections suivantes, la part de femmes a augmenté pour atteindre 40 % mais elle stagne depuis. 

Pour l'Association des maires de France, la situation n'est donc pas satisfaisante. Pour y remédier, l'AMF propose d'instaurer la parité des listes dans toutes les communes. "Nous sommes tout à fait demandeurs qu'il y ait ces évolutions législatives" insiste André Laignel, vice président de l'association, pour qui c'est "le seul moyen d'atteindre la parité"

Aux personnes qui affirment que les femmes viennent parfois à manquer dans certaines communes, ne souhaitant pas s'engager, le vice-président de l'AMF admet que la situation "parfois vraie", peut justifier les difficultés de certaines petites mairies, mais cela ne doit pas être utilisé comme "prétexte pour ne pas faire de nouvelles avancées".

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