Rescapée des camps, ancienne ministre, militante pour les droits des femmes et académicienne, Simone Veil s'est éteinte à l'âge de 89 ans.

Simone Veil en 1992
Simone Veil en 1992 © AFP / Franz Chavaroche

France Inter bouleverse ses programmes pour rendre hommage à Simone Veil :

Simone Veil s'est éteinte, ce vendredi matin, à son domicile parisien, selon les informations du JDD. Née Simone Jacob en 1927 à Nice, elle est une figure incontournable de la vie politique française sous la Ve République. L'Académicienne, élue au fauteuil occupé avant elle par Jean Racine et Paul Claudel en 2008, a un parcours de vie hors du commun.

Fille d'un architecte et d'une mère au foyer, elle grandit avec trois frères et sœurs au sein d'une famille juive, non pratiquante. Après avoir passé son bac en 1944, elle est arrêtée à Nice par la Gestapo, avec toute sa famille, qui est répartie entre les différents camps de concentration. Déportée à Auschwitz-Birkenau, elle est transférée à plusieurs reprises, jusqu'à la libération en 1945.

Révolution pour la condition féminine

De retour en France, elle s'inscrit à la faculté de droit, puis intègre Sciences Po. Mariée à Antoine Veil en 1946, elle entre au ministère de la Justice en 1954 et devient en 1970 secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature.

Lorsque Jacques Chirac constitue son gouvernement en 1974, elle est nommée ministre de la Santé. C'est à ce poste qu'elle a agi activement en faveur de la condition féminine. Dans un premier temps, le 28 juin 1974, elle libéralise la contraception. Puis, à l'issue d'un débat houleux à l'Assemblée nationale, elle parvient à obtenir la dépénalisation de l'Interruption volontaire de grossesse (qui sera rendue définitive en 1979 seulement).

Un combat pour l'émancipation féminine qui en a fait une icône de la lutte pour les droits des femmes.

Ministères et autobiographie

Située politiquement au centre, elle a ensuite été présidente du Parlement européen entre 1979 et 1982, puis présidente du groupe libéral et démocratique à l'Assemblée naitonale entre 1984 et 1989. Egalement cofondatrice du club Vauban, un lieu de discussion entre personnalités de droite et de gauche, elle revient au gouvernement entre 1993 et 1995 en tant que ministre de la Politique sociale, de la Santé et de la Ville. En 1998, elle est nommée au Conseil constitutionnel, où elle reste en poste jusqu'en 2007.

Elle qui avait mis longtemps à évoquer publiquement sa déportation, elle préside également entre 2000 et 2007 la Fondation pour la mémoire de la Shoah et raconte en 2007 son parcours dans son autobiographie, "Une Vie". En 2008, elle s'oppose fermement à la proposition de confier à chaque élève de CM2 la mémoire d'un enfant mort dans la shoah.

Retrait de la vie politique et Académie française

Malgré son retrait progressif de la vie politique, celle qui a longtemps été désignée "femme préférée des Français" est devenue en 2012 la première à bénéficier d'une carte d'adhésion à l'UDI. En 2009, elle est promue grand officier de l'ordre national de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy.

Sa dernière carrière a été celle d'Académicienne : en 2008, elle se présente au poste occupé par Pierre Messmer avant elle, où elle est élue. Elle est reçue sous la coupole le 18 mars 2010, et choisit de faire inscrire sur son épée d'immortelle, à côté des devises française et européenne, son numéro de matricule à Auschwitz.

Avalanche de réactions

Après l'annonce de ce décès, les réactions ont fusé dans la sphère politique française, à commencer par celle du président de la République Emmanuel Macron :

A droite comme à gauche, l'hommage est unanime :

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