Le président sortant dans la région des Hauts-de-France a profité des dernières heures de campagne pour les élections régionales pour confirmer la création d’une usine de batteries électriques sur le site Renault de Douai. Avec au moins 1000 emplois à la clé d’ici à 2024.

Le groupe sino-japonais Envision va créer une usine de batteries électriques sur le site Renault Douai (Nord), avec 1.000 emplois à la clé d'ici 2024, a annoncé le président des Hauts-de-France.
Le groupe sino-japonais Envision va créer une usine de batteries électriques sur le site Renault Douai (Nord), avec 1.000 emplois à la clé d'ici 2024, a annoncé le président des Hauts-de-France. © AFP / Denis Charlet

C’est ce qui s’appelle une bonne nouvelle ! À quelques heures de la fin de la campagne pour les élections régionales, Xavier Bertrand, venu visiter le site de Renault à Douai, a assuré que l’usine Envision devait venir s’y implanter. Plusieurs milliers d’emplois sont annoncés pour ces prochaines années. D’ici à 2024, il est question de 1.000 créations de postes, avant de passer à 2500 à partir de 2030.

Sauf que c’est exactement ce qu’Emmanuel Macron devait venir officialiser, lundi - dans trois jours -, à l’occasion d’un déplacement dans le Nord. L’État étant actionnaire de l’entreprise Renault, le président de la République souhaitait lui aussi annoncer cette bonne nouvelle économique, au lendemain d’un second tour des élections régionales qui s’annonce tout aussi difficile que le premier pour son mouvement, La République en Marche. Opération ratée : Xavier Bertrand a osé griller la priorité à l’Élysée...

Manière de montrer, pour le président sortant des Hauts-de-France et candidat à la prochaine élection présidentielle, qu’il ne se laissera pas marcher sur les pieds : pas question de laisser le président Macron s’exprimer – seul – lundi sur le site de Douai, comme la présidence le souhaitait. La région des Hauts-de-France a investi 60 millions d’euros sur ce projet. Xavier Bertrand voulait lui aussi, prendre la parole… et pouvoir exister.  

Réaction immédiate de la ministre de l'Industrie

"C'est un projet qui a été porté depuis trois ans par le gouvernement, Bruno Le Maire et moi-même, avec une négociation européenne qui a permis d'obtenir de la Commission européenne de faire de ce sujet une priorité industrielle et de nous autoriser à financer les projets", a immédiatement souligné auprès de l'AFP Mme Pannier-Runacher, ministre de l'Industrie, après l'annonce de Xavier Bertrand. 

"Certes, les collectivités locales prennent leur part et on les invite à la prendre, mais la stratégie et le développement de ce projet est évidemment porté par le président de la République, le ministre de l'Économie et la ministre de l'Industrie", a -t-elle insisté, notamment que le sentiment que "Monsieur Bertrand a choisi le projet" n'est "pas la réalité" : "On est un peu surpris de cette volonté de la grenouille de se faire plus grosse que le bœuf." À dix mois du scrutin présidentiel, les malices ne font que commencer...