L'application StopCovid, adoptée à l'Assemblée nationale et au Sénat, devrait être déployée dans les prochains jours. Mais tous les élus ne comptent pas l'utiliser...

Les députés et les sénateurs ont fini par approuver le projet StopCovid.
Les députés et les sénateurs ont fini par approuver le projet StopCovid. © AFP / Hans Lucas

Le débat a fini par avoir lieu, mercredi, à l'Assemblée et au Sénat, pourtant annulé fin avril alors que l'application n'était pas encore prête. Mercredi, la discussion parlementaire autour de StopCovid était à chaque fois suivie d'un vote (non contraignant) et les deux chambres se sont prononcées pour la déclaration du gouvernement sur le sujet.

Si ce débat a donné l'occasion aux différents groupes d'exprimer leur engouement ou leurs vives craintes (y compris au sein de la majorité), il a aussi mis en lumière le manque de connaissances précises des députés sur le sujet. Certains élus ou personnalités politiques ont d'ailleurs clairement indiqué qu'ils s'opposaient à l'usage de cette application de "contact tracing" des malades du Covid-19, et ne l'installeraient pas sur leur propre téléphone.

Celles et ceux qui l'installeront

  • Mounir Mahjoubi (La République en marche)

"StopCovid est un projet équilibré qui est au service des Français. Il apporte toutes les garanties nécessaires en terme d'efficacité, de protection des libertés individuelles et de sécurité. Je l'utiliserai sereinement", a estimé le député LaREM, ancien secrétaire d'État au numérique, Mounir Mahjoubi lors du débat à l'Assemblée. 

  • Cédric Villani (ex-LaREM)

Désormais membre du groupe "Ecologie, démocratie, solidarité", Cédric Villani n'a pourtant pas rejoint ses nouveaux collègues sur le vote en question : "En mon âme et conscience je voterai pour l'application StopCovid", a-t-il conclu lors de son intervention à la tribune de l'Assemblée nationale. Le député de l'Essonne a participé à de nombreuses auditions autour de cette application. Il est, depuis longtemps, favorable à sa mise en place. 

  • Bruno Retailleau (Les Républicains)

À l'inverse de ses collègues députés de droite, massivement opposés à StopCovid lors du vote, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a préféré "donner une chance à une application française", au nom de "la souveraineté numérique", face "aux sirènes des Gafam" américains.

Celles et ceux qui ne l'installeront pas

  • Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)

"Je fais partie de ceux qui ne veulent pas qu'on sache près de qui j'étais à moins d'un mètre, pendant plus d'un quart d'heure. C'est le temps d'un baiser. Ça ne vous regarde pas", a lancé à la tribune de l'Assemblée nationale mercredi après-midi. Le député de la France insoumise a également demandé "à tous ceux qui m'ont dans leur annuaire, leur agenda, leur contact, de retirer mon nom immédiatement si jamais eux prennent pour eux cette application", relayant une fake news sur l'application. Il semble évident que Jean-Luc Mélenchon n'installera pas StopCovid sur son téléphone.

  • Sacha Houlié (LaREM)

Vraisemblablement, le député marcheur de la Vienne Sacha Houlié ne fera pas partie des utilisateurs de StopCovid. Comme quelques-un de ses collègues de la majorité, il a voté contre le projet à l'Assemblée.  

  • Jordan Bardella (Rassemblement national)

"Cette application est vouée à rester un gadget, elle va mettre énormément de temps à se mettre en place et, personnellement, je ne la téléchargerai pas. Je ne crois pas que cette application permettra d'enrayer quoi que ce soit. Ça n'a pas permis, notamment à la Corée, d'enrayer l'épidémie", a estimé le député européen et vice-président du RN sur France Inter jeudi matin

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.