[scald=45715:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - L'intervention d'un Dominique Strauss-Kahn devenu gênant pour le PS a durci le ton de la campagne de la primaire socialiste, où les camps de Martine Aubry et François Hollande s'accusent mutuellement de fébrilité à trois semaines du scrutin.

Même s'il a dit ne pas vouloir s'immiscer dans les débats, l'interview de l'ex-directeur du Fonds monétaire international, dimanche sur TF1, après quatre mois de silence a fait monter la tension entre les deux favoris à l'investiture socialiste - pour laquelle François Hollande garde l'avantage dans les sondages.

Pour l'écologiste Daniel Cohn-Bendit, la petite phrase de "DSK", qui a confirmé l'existence d'un "pacte" de désistement passé avec Martine Aubry avant l'inculpation de l'ancien directeur général du FMI pour tentative de viol à New York s'apparente à un "baiser de la mort du serpent".

Des proches de François Hollande y ont vu le signe que la maire de Lille s'était lancée "par défaut" dans la primaire.

"J'ai noté qu'il a mentionné un pacte, pacte que Martine Aubry elle-même niait il y a encore peu de temps. J'ai noté qu'il avait dit lui-même qu'il allait être candidat alors qu'elle nous disait il y a quelque temps qu'il n'y avait rien de fait", a souligné Pierre Moscovici, coordinateur de campagne de François Hollande.

"La volonté, l'envie, ça ne s'improvise pas après un empêchement", a renchéri sur Twitter le député Bruno Le Roux.

Réponse grinçante de Martine Aubry lundi à Nice : "Je ne suis pas une candidate de substitution, pas une candidate par défaut, je suis la candidate qu'il faut".

Ses partisans ont haussé le ton dans son sillage.

Son porte-parole, Olivier Dussopt, s'est dit "extrêmement surpris de la violence et de la fébrilité des partisans de François Hollande".

"On s'explique mal qu'ils soient aussi fébriles alors qu'ils prétendent être les favoris", a-t-il dit à Reuters. "On ne viendra pas sur le terrain de la polémique inutile sur lequel ils veulent nous emmener."

De retour en France après l'abandon des poursuites à son encontre aux Etats-Unis, Dominique Strauss-Kahn a laissé planer le doute sur son avenir politique. "On verra", a-t-il dit.

"DSK" N'EST PLUS UN ACTEUR POLITIQUE

Soucieux de mettre une distance entre le camp Aubry qu'il soutient et un homme dont le comportement a choqué l'opinion, Benoît Hamon a mis en avant la proximité politique entre François Hollande et Dominique Strauss-Kahn.

"Si vous regardez les contenus, l'identité politique de Martine Aubry, elle ne se confond pas avec celle de Dominique Strauss-Kahn et j'ai parfois tendance à penser que l'identité politique de François Hollande est plus proche de celle de Dominique Strauss-Kahn que celle de Martine Aubry", a dit le porte-parole du PS sur Europe 1.

Autre soutien de la maire de Lille, le premier secrétaire du PS par intérim Harlem Désir a voulu clore les spéculations en affirmant sur France Info que Dominique Strauss-Kahn "n'est plus un acteur de la vie politique française".

Trois jours avant l'intervention de Dominique Strauss-Kahn, son cas avait divisé les participants au premier débat télévisé entre candidats à la primaire, jeudi dernier.

"Beaucoup heurté à titre personnel" par l'affaire de New York, Arnaud Montebourg a réclamé des excuses pour le PS.

"Son retour en politique n'est pas souhaitable ni d'ailleurs possible pour des raisons d'abord politiques", a dit le député.

Un avis que ne partage pas Manuel Valls, un proche de l'ancien ministre de l'Economie. "D'une manière ou d'une autre, on aura besoin de Dominique Strauss-Kahn", a-t-il estimé.

François Hollande s'est contenté de rappeler qu'il avait toujours considéré Dominique Strauss-Kahn comme un adversaire.

"Si Dominique Strauss-Kahn avait été candidat à la primaire, il aurait été là, je l'aurais été aussi", a rappelé le député de Corrèze, entré en campagne bien avant les ennuis judiciaires de l'ancien patron du FMI, avec qui il n'entretient aucun lien personnel.

Avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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