Dès lundi, le territoire métropolitain sera classé en vert sur la carte du déconfinement. Les élèves pourront retrouver dès le 22 juin les crèches, écoles et collèges. Emmanuel Macron s'exprimera de nouveau en juillet devant les Françaises et les Français pour proposer un "nouveau chemin".

Emmanuel Macron, le 14 juillet 2020.
Emmanuel Macron, le 14 juillet 2020.

"Nous allons retrouver le plaisir d'être ensemble, retrouver notre art de vivre, notre gout de la liberté, retrouver pleinement la France", a estimé Emmanuel Macron dimanche soir, saluant "une première victoire" contre le virus. Trois mois après le début du confinement face à l'épidémie de coronavirus en France, le chef de l'État a dit vouloir tirer "toutes les leçons" de la crise sanitaire, assurant que "nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et de notre pays". "Cette épreuve a aussi révélé des failles, des fragilités (...) Je veux que nous tirions toutes les leçons de ce que nous avons vécu", a encore déclaré le président de la République.

Toute la France métropolitaine passe en vert

Le chef de l'État a annoncé, dans sa quatrième allocution radio-télévisée depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, que tout le territoire français, à l'exception de Mayotte et de la Guyane "où l'épidémie circule toujours", sera classée en zone verte "dès demain". "Cela permettra une reprise du travail et la réouverture des cafés et des restaurants" en Île-de-France, a détaillé Emmanuel Macron. 

Retour des élèves obligatoire dans les écoles et collèges le 22 juin

Le président a également annoncé que les crèches et les collèges pourront de nouveau accueillir les enfants, à compter du lundi 22 juin, "de manière obligatoire et selon les règles de présence normales". Aucune précision n'a été faite concernant les lycées. 

Le second tour des municipales maintenu

C'est là une confirmation, mais le second tour des élections municipales pourra aussi se tenir, comme prévu, le dimanche 28 juin. "Il faudra éviter au maximum les rassemblements" qui resteront "très encadrés" car "ils sont la principale occasion de propagation du virus", a-t-il ajouté, à la veille de l'ouverture de la campagne officielle pour ce deuxième tour.

Visites dans les Ehpad réautorisées 

Emmanuel Macron a aussi jugé que les visites dans les maisons de retraites et les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), interdites depuis le 11 mars, seraient de nouveau autorisées dès lundi. "Pour nos aînés en maisons de retraite ou en établissements, les visites devront désormais être autorisées", a-t-il précisé. 

Une "économie écologique, souveraine et solidaire"

Le chef de l'Etat a jugé que la priorité des années à venir était de "retrouver notre indépendance, pour vivre heureux et pour vivre mieux". Il souhaite bâtir une "économie forte, écologique, souveraine et solidaire". La relance économique passera "par une coopération européenne renforcée", elle devra "protéger les personnes âgées mais aussi aider les plus jeunes"

Le chef de l'État a aussi estimé qu'il fallait "au maximum" éviter les licenciements, "créer les emplois de demain" et "relocaliser quand cela se justifie"

Pas d'augmentation des impôts 

Emmanuel Macron a exclu d'augmenter les impôts pour financer les dépenses liées à la crise, rappelant que "500 milliards d'euros" ont été dépensés pour faire face à la crise, que ces dépenses "se justifient en raison des circonstances exceptionnelles que nous venons de vivre" mais aussi qu'elles "viennent s'ajouter à notre dette déjà existante". Néanmoins, "nous ne financerons pas ces dépenses en augmentant les impôts", a assuré le chef de l'Etat. "La seule réponse est de bâtir un modèle économique durable et fort, de travailler et produire davantage pour ne pas dépendre des autres." 

Un État moins centralisé, un "nouveau chemin"

"L'organisation de notre État et de la nation doit être améliorée, avec plus de décentralisation" a estimé Emmanuel Macron, promettant "une page nouvelle" donnant davantage "de libertés et de responsabilités à ceux qui agissent au plus près de nos vies", comme les maires, les hôpitaux ou les universités : "Tout ne peut pas être décidé à Paris, les territoires ont montré leur ingéniosité, faisons-leur davantage confiance." 

Il a également annoncé qu'il s'exprimerait de nouveau "en juillet" face aux Françaises et aux Français "pour préciser ce nouveau chemin, lancer les premières actions". "Nous avons devant nous des défis historiques. Pour les relever, n'oublions jamais nos forces, notre histoire, notre jeunesse, notre sens du travail et de l'engagement, notre volonté de justice, notre capacité de créer pour vivre et changer le monde, notre bienveillance", a-t-il ajouté. 

Soutien aux forces de l'ordre, la France "n'effacera aucune trace de son histoire"

"Nous serons intraitables face au racisme, à l'antisémitisme et aux discriminations et de nouvelles décisions fortes pour l'égalité des chances seront prises", a déclaré le président dans un contexte de manifestations contre les violences policières et dénonciation du racisme. "Nous ne bâtirons pas notre avenir dans le désordre. Sans
ordre républicain il n'y a ni sécurité ni liberté. Cet ordre, ce sont les policiers et les gendarmes sur notre sol qui l'assurent. Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom c'est pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation
", a-t-il toutefois nuancé. 

"La République n'effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire", a encore affirmé Emmanuel Macron, sur fond de polémique sur les monuments liés à l'histoire coloniale ou la traite esclavagiste.

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