Voter Macron pour éviter Le Pen ? Pour certains, autant choisir entre la peste et le choléra. Depuis dimanche, beaucoup d'internautes militants refusent de jouer les arbitres.

Affiche de "La France Insoumise" à Paris
Affiche de "La France Insoumise" à Paris © Radio France / Olivier Bénis

Décidément, difficile de s'y retrouver sur Twitter pendant cette campagne. Certains internautes, qui appelaient massivement au "vote utile" la semaine dernière (en faveur de leur candidat), refusent aujourd'hui qu'on leur impose un autre type de "vote utile", cette fois pour éviter la victoire de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Sauf qu'entretemps, l'enjeu a changé de dimension... Et globalement, tout le monde perd un peu son calme.

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Les plus actifs dans la défense du "droit à ne pas choisir" sont surtout les internautes de la France Insoumise, le mouvement soutien de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat, qui n'a jamais caché qu'à titre personnel il considérait le Front national comme "l'ennemi héréditaire", n'a donné aucune consigne de vote (ou de non-vote), préférant attendre l'avis des militants sur la question. Car cet avis ne va pas de soi : il suffit de voir la rapidité avec laquelle, quelques minutes seulement après 20h dimanche, s'est répandu sur Twitter le hashtag #SansMoiLe7Mai, lancé et relayé par les militants.

Ils avancent globalement deux raisons à ce choix. La première, c'est que le report des voix de Jean-Luc Mélenchon ne serait pas nécessaire pour faire perdre Marine Le Pen. Une idée reprise, d'ailleurs, par les représentants du mouvement comme Éric Coquerel. La seconde, c'est qu'il est impensable pour des électeurs de la France Insoumise d'offrir leur bulletin de vote à Emmanuel Macron, un candidat contre lequel ils ont constamment lutté pendant la campagne.

Twitter contre Twitter

Sauf que du côté des partisans du "front républicain" ou en tout cas du vote utile, comme celui de 2002 pour le duel Chirac / Le Pen (père), on ne voit pas du tout les choses de la même manière. Et on s'inquiète même d'une issue beaucoup moins tranchée qu'il y a 15 ans, voire d'une victoire du Front national, si tout le monde n'est pas mobilisé à 100 %. Le mot-clé #SansMoiLe7Mai a donc été récupéré par ceux qui, au contraire, veulent le transformer en #ToutLeMondeLe7Mai. Le détournement a porté ses fruits rapidement : parmi les messages les plus repris, on trouve ceux qui appellent au vote.

Des critiques qui ont trouvé, à nouveau, une réponse, les partisans de l'abstention estimant que leur position est caricaturée, et surtout qu'ils ne sont pas responsables de la montée plus globale du Front national.

Mot-clé et double-sens

Dans le même esprit, en tout cas en apparence, un autre mot-clé est apparu depuis dimanche, #JamaisMacron. Sauf que celui-ci n'a que peu de choses à voir avec les électeurs de Jean-Luc Mélenchon tentés par l'abstention, bien au contraire : il est principalement relayé par des électeurs de droite, voire carrément par les partisans de Marine Le Pen (les militants de la France Insoumise lui ajoutent d'ailleurs le plus souvent le mot-clé #JamaisLePen pour s'en différencier).

Sauf que là encore, Internet est impitoyable : le fameux mot-clé a rapidement été retourné par les soutiens du candidat, pour en faire un message positif sur le candidat de "En Marche". Même les arroseurs 2.0 peuvent finir arrosés...

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