Emmanuel Macron a adopté une posture de réformateur et protecteur dimanche soir lors d'un grand entretien diffusé par France 2, alors que sa côte de popularité a fait un bond dans les sondages.

Depuis l'Élysée, Emmanuel Macron a livré son second grand entretien en répondant aux questions de Laurent Delahousse
Depuis l'Élysée, Emmanuel Macron a livré son second grand entretien en répondant aux questions de Laurent Delahousse © Capture d'écran France 2

France 2 a diffusé dimanche soir "Entretien spécial", le second grand oral du Président Macron depuis sa prise de fonctions, une interview enregistrée le mardi précédent depuis le Palais de l'Élysée.

Interviewé par Laurent Delahousse, le président de la République a balayé les sujets d'actualité de cette fin d'année, le tout avec une mise en scène peu commune : les deux hommes debout, allant de pièce en pièce au gré des thématiques abordées.

Sa prestation, qui intervient alors que le chef de l'État est de nouveau crédité d'une forte popularité, avait pour objectif de trancher avec le ton solennel, voire tendu, du premier entretien, en juillet dernier, où Emmanuel Macron s'était défendu de sa posture jupitérienne.

Cette fois-ci, le président de la République s'est présenté à la fois protecteur et déterminé à mener les réformes promises.

En ce sens, Emmanuel Macron garde sa hauteur, notamment face aux attaques politiques. Faisant allusion à la déclaration de Laurent Wauquiez, nouveau président de Les Républicains, il a déclaré "tout" lire mais commenter "peu" car "le commentaire politique" des "gens qui s'opposent pour ou insulter ou décréter" "n'intéresse pas le président de la République". 

Pour lui, la déclaration de Laurent Wauquiez, qui l'accuse d'avoir "la haine de province", "n'apporte rien au pays". "Je la lui laisse, qu'il vive avec, ça fera son quotidien. Ca ne fera pas manger les Françaises et les Français, ça ne fera pas progresser le pays". 

Nicolas Hulot, un "inquiet" "jamais satisfait"

Face aux critiques qu'il a suscité, le Président promet d'apporter des rectificatifs et corriger les erreurs qui ont pu être faites pendant les premiers mois de son mandat. "Ça m'oblige aussi à aller beaucoup plus fort et vite en Europe et à l'international" car "les insuffisances de nos actions, nous les payons sur le plan domestique", ajoute-t-il. "Décider de prendre le leadership" sur le climat, dont a eu lieu mardi le sommet à Paris, et d'autres sujets, "c'est retrouver le destin français", dit-il, revendiquant la dimension "héroïque" qu'il voit à son pays. 

Emmanuel Macron a par ailleurs rendu hommage à son ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, "un inquiet" qui "n'est jamais satisfait". "J'ai besoin de gens qui vivent dans le creux de leur ventre la nécessité de changer, de prendre les décisions (...). Je ne veux pas des gens qui soient assis et contents d'être ministre", explique-t-il. 

Un effet des ordonnances sur le chômage "dans les cinq ans"

Sur le plan économique, Emmanuel Macron prévoit que les ordonnances réformant le code du travail, sa première grande réforme, donneront des résultats sur le chômage "dans les cinq ans". 

Sur la Syrie, Emmanuel Macron prévoit la fin de la guerre contre le groupe État islamique "mi, fin-février". Il faudra alors "parler" avec Bachar al-Assad et ses représentants pour construire la paix, même si le président syrien devra ensuite "répondre de ses crimes devant son peuple, devant la justice internationale".

Le président a par ailleurs confirmé le lancement début 2018 d'"un grand travail de réflexion" sur l'audiovisuel public qui doit, selon lui, s'adapter aux nouveaux usages des téléspectateurs et mieux répondre à ses missions de service public. 

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