Beaucoup de Français découvrent ce vendredi le visage du nouveau locataire de Matignon. Sept choses à savoir pour mieux cerner le profil de ce technicien, ancré à droite, et maire d'une petite commune des Pyrénées-Orientales.

Jean Castex à Matignon.
Jean Castex à Matignon. © AFP / Ludovic Marin

De visage presque inconnu du grand public à Premier ministre. La transition est pour le moins rapide pour Jean Castex, catapulté ce vendredi à Matignon par Emmanuel Macron, après qu'Édouard Philippe a remis sa démission. Le haut fonctionnaire dit "mesurer l'immensité de la tâche" qui l'attend, dans un communiqué mis en ligne sur le site de la ville de Prades, dont il est maire. Une nomination loin d'enthousiasmer l'opposition mais en parallèle, un profil loué par beaucoup. Résolument de droite, technicien, "monsieur déconfinement" mais aussi "monsieur sport"... Sept choses à savoir sur le nouveau Premier ministre.

Ancré à droite

"Politiquement, je suis de droite et je l'assume parfaitement". Jean Castex n'y va pas par quatre chemins pour décrire son orientation politique, comme en témoigne son parcours. Il s'est illustré sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, comme secrétaire général adjoint à l'Élysée. En tant que directeur de cabinet de Xavier Bertrand à deux reprises, aussi, au ministère de la Santé (2006-2007) puis au ministère du Travail (2007-2008). Membre des Républicains (il a démissionné du parti juste avant sa nomination), il a soutenu la candidature de François Fillon pour la présidence de l'UMP lors du congrès d'automne 2012. L'Élysée tient à nuancer : "il vient de la droite, mais est un gaulliste social." 

Un profil d'hyper-technicien

Jean Castex a l'habitude d'avoir le nez plongé dans des piles de dossiers. Car le profil du nouveau locataire de Matignon est d'abord celui du haut-fonctionnaire, au chemin académique balisé et on ne peut plus classique pour un ministre : Sciences Po Paris, puis l'École Nationale d'administration (cuvée 1991, promotion Victor Hugo). Un parcours aussi marqué par la Cour des Comptes, où Jean Castex a occupé plusieurs responsabilités. Auditeur à la sortie de l'Éna, puis conseiller référendaire en 1994, et enfin conseiller-maître en 2008. Bref : les notes de synthèse, il connaît.

"Monsieur sport"

"Monsieur déconfinement" d'accord, mais vous pouvez aussi l'appeler "Monsieur sport". Avant d'être chargé par le gouvernement de piloter le processus de déconfinement, Jean Castex était jusqu'au début de l'année délégué interministériel aux Jeux Olympiques de Paris-2024 ("ministre des Jeux olympiques", c'était un surnom), et président de l'Agence nationale du sport. 

Il a ainsi géré l'organisation de plusieurs événements sportifs d'ampleur, comme la Ryder Cup 2018 ou la Coupe du Monde de rugby 2019. Le ballon ovale, une passion familiale : son père Claude présidait un club de rugby, l'Union Athlétique Vicoise (à Vic-Fezensac dans le Gers). Ce dernier se rappelle, dans un entretien à Sud-Ouest en 2010, que son fils le suivait au stade lorsqu'il était jeune : "C’était un supporteur assidu. Il n’a jamais été un très grand sportif, mais jeune il faisait pas mal de tennis."

Ses collaborateurs louent ses qualités humaines

Difficile en effet de trouver un collaborateur ou ex-collaborateur de Jean Castex qui dit du mal de lui : de nombreuses personnes qui ont travaillé à ses côtés ne tarissent pas d'éloges sur ses qualités humaines. À commencer par l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Raymond Soubie, qui connaît bien le nouveau Premier ministre : "Jean Castex a toujours eu un contact heureux avec tous les gens qui l'ont rencontré", témoigne-t-il sur franceinfo. "Il incarne vraiment une stature, une capacité d'écoute et de décision", renchérit Frédéric Sanaur, successeur de Jean Castex à la direction générale de l'Agence nationale du sport.

Un ancien du cabinet ministériel de Xavier Bertrand, où Jean Castex a officié, est carrément dithyrambique : "Il travaille à la vitesse de la lumière en gardant un calme à tout épreuve", dit-il à l'Agence France Presse, tout en louant sa "bonhomie", son "empathie" et son "humilité", et assure n'avoir "jamais vu quelqu'un autant faire l'unanimité autour de lui tout le temps". À voir si cette unanimité apparente survivra à l'épreuve de Matignon.

Emmanuel Macron lui a succédé (si, si)

Pas à la présidence de la République, bien sûr. Mais en tant que secrétaire général adjoint du cabinet du Président de la République. Jean Castex occupait effectivement ce poste à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, poste dont héritera Emmanuel Macron au tout début du quinquennat de François Hollande

Il a fait l'éloge du mandat de maire, aux effets "plus immédiats" qu'une loi

En 2008, Jean Castex ravit à la gauche la mairie de Prades dans les Pyrénées-Orientales (6.000 habitants). Lors d'un entretien au magazine économique Usine Nouvelle, il confiait alors : "Je découvre le ravissement de cette fonction. Quand une loi est votée, il faut beaucoup de temps pour que cela change la vie des gens. Les décisions d'un maire ont des effets plus immédiats." La loi sera pourtant bien à l'agenda de Jean Castex à Matignon, qui devra notamment avec les autres ministres relancer le vaste chantier de la réforme des retraites.

Il a écrit un livre... sur un chemin de fer

Si son oeuvre littéraire n'est pas prolifique, Jean Castex est tout de même l'auteur d'un ouvrage, intitulé La ligne de chemin de fer de Perpignan à Villefranche, aux éditions Talaia. Un livre publié en 2017, où l'élu des Pyrénées-Orientales retrace l'histoire de cette ligne de 41 kilomètres, construite entre 1863 et 1877. "L'auteur, Jean Castex nous plonge dans les méandres économiques, techniques et financiers prévalant à l'époque", nous indique le résumé du livre sur Amazon. Selon Le Journal Catalan, "Jean Castex a rouvert les archives et s’est passionné pour l’histoire de cette ligne."

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