Après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, Nicolas Sarkozy demande à François Hollande d'appliquer "toutes les propositions" de la droite. L'exécutif les juge "démagogiques".

L'ancien président Nicolas Sarkozy, avec à sa droite Christian Estrosi et Eric Ciotti
L'ancien président Nicolas Sarkozy, avec à sa droite Christian Estrosi et Eric Ciotti © Reuters / Pascal Rossignol

L'opposition était montée au créneau après l'attentat de Nice le 14 juillet, elle a remis ça mardi après l'attaque terroriste contre une église de la banlieue rouennaise.

Selon la droite, le gouvernement ne lutte pas suffisamment efficacement contre la menace djihadiste. L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy a pris la parole quelques heures à peine après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray.

"Nous devons être impitoyables. Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles", martèle Nicolas Sarkozy. "Je demande à François Hollande d'appliquer sans délai toutes les propositions que nous avons présentées depuis des mois. Il faut changer profondément la dimension, la mesure, la stratégie de notre riposte".

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Nicolas Sarkozy

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Rétention administrative, expulsion administrative et rétablissement de la double peine... les propositions de la droite : 

- Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains, propose la mise en rétention administrative des radicalisés fichés S, l'expulsion systématique de tout étranger condamné à plus de cinq ans d'emprisonnement, ou encore la création d'un délit de séjour pour toute personne se trouvant sur un théâtre d'opérations terroristes extérieures.

- Alain Juppé, maire LR de Bordeaux et candidat à la primaire de la droite, demande le déploiement de plus de forces de l'ordre sur le terrain, un renforcement des services de renseignement et un plan de construction de 10.000 places de prison.

- François Fillon, député LR de Paris et candidat à la primaire, souhaite utiliser l'article 411 du code pénal. Selon cet article, le fait d'entretenir des intelligences avec une puissance, une entreprise ou organisation étrangère en vue de susciter des actes d'agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle. Il s'est aussi dit favorable au rétablissement de la double peine.

- Nathalie Kosciusko-Morizet, élue de l'opposition (LR) à Paris, et candidate à la primaire de la droite, veut "rendre le salafisme illégal". En matière de renseignement, elle prône une agence de renseignement technologique unique. Elle souhaite également que la France s'inspire de ce qui se fait en Israël au niveau du "profilage".

- Hervé Mariton, député LR de la Drôme et candidat à la primaire de la droite, a plusieurs fois plaidé pour la suppression du droit du sol au profit d'un droit du sang qui serait "ouvert" ainsi que le rétablissement de la double peine.

- Nadine Morano, députée Européenne LR et candidate à la primaire à droite, propose de revoir l'organisation de l'Islam en France et d'interdire l'ouverture de nouvelles mosquées.

Des propositions démagogiques et anticonstitutionnelles selon le gouvernement

François Hollande refuse de céder aux pressions de l'opposition. Il'a dit mardi soir : le gouvernement appliquera "avec la plus extrême fermeté les lois votées" depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir en 2012, mais sans déroger à la Constitution.

"Restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles n'apporterait pas d'efficacité dans la lutte contre le terrorisme et affaiblirait à coup sûr la cohésion si précieuse de notre nation",  déclare le chef de l'Etat.

Le premier ministre Manuel Valls a lui aussi répondu à la droite : "à chaque attentat, nous n'allons pas inventer une nouvelle loi". Il estime que modifier l'arsenal judiciaire actuel "n'apporterait pas d'efficacité".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, lui, qualifie les propositions de Nicolas Sarkozy de "démagogiques et anticonstitutionnelles".

"Le respect de la Constitution, ce n'est pas une argutie juridique, c'est un devoir républicain. Nous ne pouvons pas sortir de l'Etat de droit pour protéger l'Etat de droit. Tout ce qui devait être fait dans le cadre de l'Etat de droit l'a déjà été en grande partie, il peut y avoir encore des évolutions", indique Bernard Cazeneuve.

L'analyse d'Aurélien Colly, du service politique de France Inter

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Terrorisme : les propositions de la droite

Par Aurélien Colly
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Bernard Cazeneuve

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La lutte contre le terrorisme, enjeu majeur de la présidentielle de 2017
La lutte contre le terrorisme, enjeu majeur de la présidentielle de 2017 © Radio France / Visactu
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