Publié en 2017, cet essai du britannique David Goodhart défraie la chronique et séduit, notamment à droite, de Laurent Wauquiez à Xavier Bertrand. L'auteur y fait le constat d'une rupture de l'électorat, opposant deux catégories de personnes, les anywhere contre les somewhere.

Laurent Wauquiez, lecteur de "The road to somewhere" a rencontré son auteur en avril dernier.
Laurent Wauquiez, lecteur de "The road to somewhere" a rencontré son auteur en avril dernier. © Maxppp / La Montagne / Franck Boileau

Trouver entre les lignes les raisons de la défaite. Si ce livre séduit tant à droite, c'est qu'il donne des clés pour analyser et comprendre les derniers échecs électoraux. Il permet aussi de se repositionner, et dans le cas de Laurent Wauquiez, de se forger un argumentaire.

Une autre ligne de fracture

"Anywhere" contre "somewhere", c'est prendre acte, pour le patron des LR, que le clivage gauche/droite est dépassé et qu'il faut trouver une autre ligne de fracture. Face aux "anywhere", cette classe instruite, mobile et mondialisée, Laurent Wauquiez se pose désormais en défenseur des "somewhere", attachés à leur identité, pour qui, les mutations vont trop vite, et pas dans le bon sens. Qui se sentent lésés par la mondialisation. 

C'est le pari de Laurent Wauquiez -Jérôme Fourquet

Pour le politologue de l'Ifop, Jérôme Fourquet, Laurent Wauquiez va défendre les "somewhere", quitte à se couper de la bourgeoisie libérale, "pour lui, les modérés ont tôt ou tard vocation à rejoindre le macronisme".

"Anywhere"/"Somewhere", si lui les confronte, l'ex LR Xavier Bertrand, autre lecteur assidu, préférerait "les reconnecter, les rassembler. Ne pas voir les 'somewhere' comme une part de marché". Un même livre, pour deux lignes bien distinctes à droite, qui à la rentrée, ne manqueront pas de cliver.

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