Succédant à François Lecointre, il devient le militaire le plus haut gradé de l'armée française. Responsable du commandement de toutes les opérations militaires, sous l'autorité du président de la République, une feuille de route bien remplie l'attend pour le début de sa prise de fonction.

Le général Thierry Burkhard, chef de l'état-major des Armées, en visite à Saint-Cyr en juillet 2021.
Le général Thierry Burkhard, chef de l'état-major des Armées, en visite à Saint-Cyr en juillet 2021. © AFP / Baptiste Roman / Hans Lucas

Après quatre années à la tête des armées, le général François Lecointre leur a fait ses adieux mardi 20 juillet 2021. Il laisse sa place au nouveau chef d'État-major des armées, Thierry Burkhard.

De la même génération que son prédécesseur, le général Burkhard, qui était jusqu'à présent chef de l'armée de Terre, connaît bien le terrain, l'institution et les arcanes du pouvoir.

Une double casquette

À bientôt 57 ans, Thierry Burkhard est donc d'abord homme de terrain. Après l'école militaire de Saint-Cyr, il débute sa carrière dans la Légion étrangère en passant par le 2e Régiment de parachutiste. Il part en Guyane, en Irak, en ex-Yougoslavie, au Tchad, au Gabon, en Côte d'Ivoire et en Afghanistan.

Ce père de famille connaît également le milieu de la politique et de la communication. Porte-parole de l'État-major de 2010 à 2013, il rejoint ensuite pour deux ans l'équipe du coordonnateur national du renseignement.

Des atouts pour cet officier général qui va devoir orchestrer, dès le début de sa prise de fonction, la réduction de moitié des troupes françaises au Sahel. Une tâche complexe qui demande à la fois de sécuriser le départ des soldats français et de faire monter en puissance la force militaire européenne Takuba.

Un "changement de paradigme" dans les conflits à venir

En parallèle, le nouveau chef d'État-major des armées devra continuer de préparer l'avenir. Une vision des conflits de demain, qu'il prédit - comme son prédécesseur - plus durs et plus complexes. 

Alors que certains pays reprennent la course à l'armement, et que l'on observe une multiplication des provocations comme dernièrement, en Méditerranée orientale, d'autres théâtres d'opérations attendent les armées.

Espace, cybersécurité, fonds marins, réseaux sociaux, guerre informationnelle... tout cela fait aussi partie des affrontements de demain. Le général Burkhard devra également poursuivre le chantier de la modernisation du matériel, avec notamment l'intégration des robots et de l'intelligence artificielle à l'horizon 2040.

Une feuille de route bien remplie, en pleine campagne présidentielle.