Le candidat LFI prédit "un grave incident" lors de la dernière semaine de campagne de la présidentielle de 2022, en faisant référence notamment à Mohammed Merah. Les propos indignent. Jean-Luc Mélenchon les maintient et réplique. Voici ce qu'il a dit in extenso.

Le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon était l'invité de Questions politiques sur France Inter, le 6 juin.
Le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon était l'invité de Questions politiques sur France Inter, le 6 juin. © *

C'est une petite phrase qui déclenche une tempête. Invité de Questions politiques sur France inter ce dimanche 6 juin, le candidat insoumis à la présidentielle de 2022 prophétise "un grave incident ou un meurtre" à venir, dans les jours précédents le scrutin. Sa déclaration provoque un tollé. Voici les propos complets de Jean-Luc Mélenchon.

"C'est écrit", "nous aurons l’événement gravissime"

L'émission avait commencé depuis 45 minutes. Jean-Luc Mélenchon revient sur le déplacement du Président dans le Lot. Emmanuel Macron a annoncé qu'il va devoir "prendre des décisions, certaines difficiles", au cours de l'été. Il estime également qu'il est "trop tôt" pour affirmer qu'il sera candidat à l'élection présidentielle de 2022. 

- Jean-Luc Mélenchon: "Par pitié représentez -vous, car, lui, on aura de quoi dire, il aura un bilan. On pourra lui dire  'Et bien voilà ce que vous êtes capable de faire', et 'Voilà ce que vous avec prévu de faire'. Car sinon, on nous en sort un autre du chapeau, un autre petit Macron(...), on ne sait pas qui c'est." 

- Françoise Fressoz : "Vous pensiez à qui ?"

- Jean-Luc Mélenchon : "Je ne sais pas, c'est le système qui l'invente. La dernière fois, Macron, il est arrivé au dernier moment. Là, ils vont peut-être en trouver un autre. Mais à chaque fois, ils en trouvent un, dans tous les pays du monde. Voyez-vous, la différence avec d'autres, c'est que je voyage et je regarde. Dans tous les pays du monde, on a élu des petits Macron. Il s'appelle Mauricio Macri en Argentine, c'était un comédien en Uruguay, en Ukraine, un type qui jouait dans un série de télévision. Ils sortaient de rien et ils ont été portés par un système oligarchique."

- Ali Baddou : "On va revenir sur le mot système..." 

- Jean-Luc Mélenchon: "Il y a plein de gens qui disent 'Mélenchon pense comme moi'... Bah oui. Bien sûr, on les a vu à l'œuvre. De même que vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Cela a été Merah en 2012. Cela a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées ..." 

- Nathalie Saint-Cricq (en fond, Jean-Luc Mélenchon ne semble pas l'entendre) : "Ça veut dire quoi, ça ?"

- Jean-Luc Mélenchon : "... Avant, on avait eu Papy Voise dont plus personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance. Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau..." 

- Ali Baddou (le coupe) : "Et la seule constante, ce sont les surprises dans les campagnes présidentielles."

- Jean-Luc Mélenchon : "... Nous aurons l’événement gravissime qui va une fois de plus, permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile. Voilà, c’est bateau, tout ça." 

À l'issue de cette séquence, la journaliste Nathalie Saint-Cricq reprend la parole sur un autre sujet : le Front républicain face au RN.

La défense de Jean-Luc Mélenchon 

En début de soirée, alors que les réactions sont de plus en plus virulentes, le patron de LFI s'exprime alors par un court message sur Twitter : "Les complotistes anticomplotistes sont de sortie" dit-il. 

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Puis, quelques minutes plus tard, c'est sur Facebook que Jean-Luc Mélenchon réplique et étaye ses déclarations. Son message est titré : _"D'UN BUZZ AFFLIGEANT, LA POST-VÉRITÉ EN ACTION" (majuscules comprises)_. 

"Je vois que va recommencer le harcèlement dont j’ai déjà fait l’objet dans le passé : un mot monté en épingle par quelques gens influents et aussitôt la boucle s’enflamme, de Twitter aux chaînes d’info et ainsi de suite." 

Le candidat insoumis se désole du manque d'écho de ses autres déclarations, sur les accidents du travail, les féminicides, les subventions aux religions, sur Biden. "En gros, je résume : quand Le Pen récupère l’émotion d’un crime pour faire sa propagande, c’est génial ; quand quelqu’un met en garde contre ce type de manipulation, c’est qu’il est complice avec les meurtriers. Ainsi en vient-on à nier cette évidence que les meurtriers attendent le meilleur moment pour faire parler d’eux. Nombreux qui n’ont rien écouté de l’émission s’en tiennent au commentaire qui en est fait sans se soucier de savoir ce qui a été dit. Telle est l’ère de la 'post-vérité' que je décrivais ici même il y a peu." 

Jean-Luc Mélenchon relaie ensuite un article du Figaro pour éclairer ces mots. "Publié deux jours avant le premier tour de l’élection de 2017" affirme-t-il. Il conclut son message : "C’est ce bilan que j’ai fait mien pour mettre en garde. Le Figaro, complotiste ?"

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