ÉLECTIONS RÉGIONALES 2021 - Chaque jour, France Inter examine les enjeux du scrutin dans une région. Pour ce deuxième épisode, zoom sur le Grand Est, région qui n'a jamais accepté le regroupement, en 2015, de l'Alsace, la Lorraine et Champagne-Ardennes.

De gauche à droite et de haut en bas : Aurélie Filippetti, Jean Rottner, Laurent Jacobelli, Florian Philippot, Brigitte Klinkert et Eliane Romani.
De gauche à droite et de haut en bas : Aurélie Filippetti, Jean Rottner, Laurent Jacobelli, Florian Philippot, Brigitte Klinkert et Eliane Romani. © Maxppp / PhotoPQR

Chaque jour, France Inter vous propose de faire le point dans l'un des 13 territoires métropolitains concernés par les élections régionales des 20 et 27 juin. Deuxième épisode dans le Grand Est.

Carte d'identité

  • Population : 5 522 476 habitants
  • Budget : 3,4 milliards d’euros
  • Capitale : Strasbourg
  • Départements : Ardennes (08), Aube (10), Marne (51), Haute-Marne (52), Meurthe-et-Moselle (54), Meuse (55), Moselle (57), Collectivité européenne d'Alsace (67/68) et Vosges (88).

Le/la sortant.e

Ancien maire de Mulhouse, Jean Rottner (Les Républicains) est président du conseil régional du Grand Est depuis octobre 2017, suite à la démission de Philippe Richert, élu en 2015. Il est candidat à sa succession.

Les forces en présence

Pas vraiment de stars à l’affiche dans cette région. Très peu de sondages. Et à l’abri des caméras, les étiquettes se font plus discrètes, les alliances plus faciles. Dans cette région, la ministre LaRem Brigitte Klinkert est candidate et dit accueillir "une dizaine d’élus LR" sur sa liste pour un "vaste rassemblement du centre et de la droite". En face, le président LR, candidat à sa succession, Jean Rottner a écarté Nadine Morano, accusée de "clin d’œil au RN". Chacun met de l’eau dans son vin, sous le regard amusé du Rassemblement national qui y voit un "clivage artificiel". Mais si, justement, les deux partis s'allient au second tour, le parti de Marine Le Pen n'a là aucune chance. La gauche paraît aussi loin du compte, divisée en deux listes, ce que regrette l’ex-ministre socialiste, Aurélie Filippetti, alliée aux Insoumis, face à l'écologiste, Eliane Romani, alliée au PCF et au PS. 

Ce qu'il s'était passé en 2015

En 2015, la grande région fusionnée avait vu s'affronter, au second tour, trois candidats dont, pour la droite, le président sortant du conseil régional d'Alsace et ex-ministre de François Fillon. Face à lui, Florian Philippot (pour le Front national) et Jean-Pierre Masseret (PS) qui avait refusé de se retirer comme ce fut le cas des socialistes dans les Hauts-de-France et en Paca, face à la poussée du FN. Philippe Richert l'avait emporté, au second tour avec 48% des suffrages. 

La participation avait atteint 59 % au second tour, dix points de plus qu'au premier (48 %).

L'immensité de la région, thème au cœur de la campagne

Six ans après, la fusion de ces trois régions (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes) ne passe toujours pas. C’est d'ailleurs l’un des principaux débats de cette campagne. Faut-il faire marche arrière ? Place Kléber, à Strasbourg, personne le cite le "Grand Est" à notre micro pour évoquer cette région, dont l'existence ne semble défendue que par son président actuel, le LR Jean Rottner, candidat à sa propre succession. "Nous avons une puissance reconnue, nos amis allemands travaillent avec le Grand Est parce qu'ils ont compris l'intérêt économique et stratégique de travailler avec ce grand ensemble territorial ; c'est une force que n'avaient pas les trois anciennes régions", dit-il. 

Puissant levier économique ou marqueur culturel ? L’ex-FN, et président des Patriotes, Florian Philippot, juge qu'il faut "revenir aux trois régions qui sont à taille humaine, ont un sens géographique, culturel et économique". Mais il faut en profiter, selon lui, "pour réduire le nombre d'élus, de structures et faire des économies". La Cour régionale des comptes a dénoncé un dérapage des dépenses qui fait le miel du RN, Laurent Jacobelli. "Le Grand Est c'est une explosion des coûts de déplacements et de la masse salariale ; du gaspillage permanent et moins de services", souligne-t-il. 

La situation est telle qu’une liste réclamant l’autonomie de l’Alsace s’est monté, portée par Martin Meyer qui propose un démantellement de cette région "grande comme deux fois la Belgique". Promesse couteuse et démagogique selon l’ex-ministre socialiste, Aurélie Filippetti qui plaide plutôt pour une "gestion décentralisée du Grand Est". La ministre candidate Brigitte Klinkert est à peu près sur la même ligne avec des présidences délégués dans chaque ancienne région et davantage de compétences pour la nouvelle collectivité européenne d’Alsace.

Le fait de campagne : la guerre des droites 

Une chose est sûre, ils ne passeront pas leurs vacances ensemble. La Nancéenne Nadine Morano, figure de la droite locale, et Jean Rottner, candidat LR à sa réélection, sont en guerre ouverte. L’ex-ministre de Nicolas Sarkozy n’est plus sur la même ligne que le patron de la région, qui a pris une décision forte en l’excluant de la liste : "Je suis le sélectionneur d’une équipe, on part pour six ans de vie commune. Connaissant les thématiques portées par Nadine Morano et sa personnalité, je ne veux pas d’elle sur la liste." Nadine Morano a vite répliqué : elle ne votera pas pour le président sortant du Grand Est. "Il paraît que je suis TROP de droite" écrivait-elle mi-mai sur Twitter, laissant planer le doute sur sa position vis à vis du RN. 

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L'anecdote de campagne : Jean Rottner enfariné 

De la farine de la tête jusqu’au pied. Le président de la région a été accueilli avec un sac de farine, le 29 mai dernier, en marge d’une manifestation pour la défense des langues régionales à Colmar, alors que le Conseil constitutionnel venait de retoquer en partie la proposition de loi Molac. L’auteur des faits est un militant du mouvement autonomiste Unser Lander. "Je suis très sensible à cet hommage à la pâtisserie alsacienne. J’en garde un peu pour mon Kougelhopf et mes bretzels du dimanche", a plaisanté Jean Rottner sur Twitter. 

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Une manifestation décidemment agitée puisque le RN a déposé plainte accusant le député Jacques Cattin, colistier de Jean Rottner, d'avoir agressé son chef de file en Alsace pour ces régionales Christian Zimmermann. 

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Toutes les listes présentes

  • "L'Appel inédit", conduite par Aurélie Filippetti (Générations.s, La France insoumise, Parti radical de gauche, Les Radicaux, Place publique)
  • "La force de nos territoires", conduite par Brigitte Klinkert (La République en marche, MoDem)
  • "Faire entendre le camp des travailleurs", conduite par Louise Fève (Lutte ouvrière)
  • "Liberté !", conduite par Florian Philippot (Les Patriotes)
  • "Rassemblement pour l'Alsace, la Champagne-Ardenne et la Lorraine", conduite par Laurent Jacobelli (Rassemblement national)
  • "Stop Grand Est, en avant l'Alsace !", conduite Martin Meyer (Unser Land)
  • "Agir pour ne plus subir", conduite par Adil Tyane (Union des démocrates musulmans français)
  • "Plus forts ensemble", conduite par Jean Rottner (Les Républicains, Union des démocrates et indépendants)  
  • "Il est temps ! Pour l'écologie et la justice sociale en Grand Est", conduite par Eliane Romani (Europe écologie-Les Verts, Parti socialiste, Parti communiste)