ÉLECTIONS RÉGIONALES 2021 - Chaque jour, France Inter examine les enjeux du scrutin dans une région. Pour ce treizième et dernier épisode, zoom sur la région Auvergne - Rhône-Alpes, où le président sortant Laurent Wauquiez semble difficile à bouculer, tant dans les sondages que dans l'agenda de campagne.

Laurent Wauquiez, Fabienne Grébert, Bruno Bonnell, Andréa Kotarac, Najat Vallaud-Belkacem et Cécile Cukierman
Laurent Wauquiez, Fabienne Grébert, Bruno Bonnell, Andréa Kotarac, Najat Vallaud-Belkacem et Cécile Cukierman © Maxppp / PhotoPQR

Chaque jour, France Inter vous propose de faire le point dans l'un des 13 territoires métropolitains concernés par les élections régionales des 20 et 27 juin. Treizième et dernier volet en région Auvergne-Rhône-Alpes. 

Carte d'identité

  • Population : 7 994 459 habitants, ce qui en fait la région la plus peuplée hors Île-de-France
  • Budget : 3,851 milliards d'euros en 2020
  • Capitale : Lyon
  • Départements : Ain (01), Allier (03), Ardèche (07), Cantal (15), Drôme (26), Isère (38), Loire (42), Haute-Loire (43), Puy-de-Dôme (63), Rhône (69D), Métropole de Lyon (69M), Savoie (73) et Haute-Savoie (74).

Le sortant : Laurent Wauquiez

En 2015, le candidat pour Les Républicains, l'ancien ministre Laurent Wauquiez, a remporté la présidence de la région Auvergne - Rhône-Alpes. Une région issue de la fusion de deux autres régions, qui étaient jusqu'alors détenues par la gauche : l'Auvergne de René Souchon et le Rhône-Alpes de Jean-Jack Queyranne, deux membres du PS. Il était alors encore député, puis a décroché la présidence du parti Les Républicains à partir de 2017, et jusqu'aux européennes de 2019. Il brigue aujourd'hui un second mandat. 

Ce qu'il s'était passé en 2015

De deux régions à gauche, l'Auvergne et le Rhône-Alpes sont devenues une région à droite en fusionnant. Au premier tour des élections régionales de 2015, Laurent Wauquiez était arrivé en tête avec 31,73%, suivi par le candidat FN Christophe Boudot avec 25,52%, et le sortant rhônalpin socialiste, Jean-Jack Queyranne, avec 23,93%. Allié au second tour avec les listes EELV et PCF, Jean-Jack Queyranne a obtenu 36,84% à la triangulaire du deuxième tour, arrivant devant Christophe Boudot (22,55%) mais encore derrière Laurent Wauquiez (40,61%).

Les forces en présence

Il est compliqué de bousculer l'hyperactif Laurent Wauquiez. Passé au premier plan durant la crise Covid, s'improvisant distributeur de masques ou organisateur de campagnes de dépistages, il a tiré avantage de sa position, clame Andréa Kotarac, le candidat du Rassemblement national : "D'abord, il a fait campagne sur les deniers du contribuable, puisqu'il a annoncé énormément de plans alors qu'il était président de région et pas candidat. C'est quelqu'un qui pendant la crise du Covid a dépensé plus de 60 000 euros de publicité Facebook pour dire qu'il avait trouvé des masques avant le gouvernement". 

Le thème de campagne, il l'impose aussi, ce sera la sécurité... pour mieux masquer ses défaillances par ailleurs, pointe la socialiste Najat Vallaud-Belkacem : "Qu'aujourd'hui, il ait beaucoup de mal à défendre ce bilan et qu'il ne surfe que sur une angoisse - réelle par ailleurs, celle de l'insécurité, ça montre bien la faiblesse du dispositif tout entier. La vérité, c'est que toutes les compétences qui sont celles de la région, la formation professionnelle, les transports, l'aménagement du territoire, il n'en a rien fait". La gauche, éclatée au premier tour, s'unira pour le second : Parti socialiste, Europe écologie - Les Verts, Parti Communiste et la France Insoumise. 

Cette dernière est représentée par Cécile Cuikerman, qui défend une alternative à gauche toute pour un meilleur équilibre social et des territoires : "Pendant cinq ans et demi nous avons porté la problématique de la réouverture des lignes de train dans notre région, nous avons porté de nombreux dossiers de salariés menacés dans leurs emplois. Il y a donc besoin d'avoir ces élus en connexion avec les 12 départements de notre région". En face, pour Laurent Wauquiez, l'enjeu est d'être le président de droite le mieux réélu de France, pour jouer une carte nationale... même s'il s'en défend pour l'instant : "J'ai toujours été de Haute-Loire, je resterai toujours de Haute-Loire, et je suis resté président de région. J'ai toujours œuvré pour notre région, et je continuerai", dit-il. 

Ce que disent les sondages : Wauquiez caracole en tête

Avec 33% des intentions de vote, il semble que ni la République en Marche, ni le Rassemblement national, ni même les écologistes ne puissent faire de l'ombre à Laurent Wauquiez. Et au second tour, quelle que soit la configuration, le candidat de droite devrait aussi l'emporter. 

Le thème de campagne : le développement économique

Il a officialisé sa candidature dans une usine textile, pupitre dressé au milieu des ouvriers et des chaînes de production de masques : le sortant Laurent Wauquiez affiche une priorité en matière économique, dans une région locomotive pour la France, la deuxième la plus riche après l'Île-de-France : la relocalisation. "Vous avez une paire de baskets, je voudrais que demain elles soient fabriquées dans notre région. Vous utilisez un écran ? On a un projet à Grenoble pour que demain l'écran de votre téléphone soit fait avec une technologie Auvergne-Rhône-Alpes. L'objectif, c'est de mettre un milliard d'euros pour pouvoir porter un projet de relocalisation des emplois dans notre région", dit-il. 

Le Rassemblement national, mené par Andrea Kotarac, prône le localisme économique – autre nom, même objectif – et la défense du savoir-faire local (coutellerie, vin, etc.). Il y a un seul entrepreneur dans cette campagne : le candidat LREM, Bruno Bonnell, qui regrette que la formation professionnelle ait été la première source d'économies de la mandature Wauquiez : "Je crois surtout qu'un jeune au travail, c'est de la valeur ajoutée. Dans le cadre de la relance, il faut investir. Un jeune qui est au chômage coûte aussi beaucoup à la société, c'est pareil. Si vous me demandez si je vais continuer à mettre des grilles devant les lycées, je vous dis tout de suite non. Si vous me demandez si je pense qu'il faut réorienter ces dépenses vers l'emploi, la formation et la prévention, je vous répondrai oui". 

A gauche, la socialiste Najat Vallaud-Belkacem axe sur les jeunes. La région serait garante de l'accès au premier emploi. La candidate écologiste Fabienne Grébert, elle, insiste sur l'indispensable transition verte : "On a des chefs d'entreprise qui sont déjà en route sur la transition écologique : nous avons besoin de partager ces expériences et inciter tout le tissu économique à prendre le même chemin". Les aides aux entreprises doivent être conditionnées, s'alarme la liste commune communistes - insoumis. Et pour Lutte ouvrière, le système doit être entièrement repensé : "Se poser le problème d'ôter les clés de la société à cette classe de riches parasites ; les travailleurs sont tout à fait légitimes pour défendre leurs intérêts, ils ont montré qu'ils étaient essentiels", dit Chantal Gomez, la candidate Lutte Ouvrière. 

Compétence fondamentale de la région, le développement économique s'impose difficilement dans la campagne, éclipsée par la thématique sécuritaire privilégiée notamment par le sortant républicain Laurent Wauquiez. 

Toutes les listes en présence dans la région

  • "Union essentielle", portée par Shella Gill (divers)
  • "L'écologie, c'est possible !" portée par Fabienne Grébert (Europe écologie - Les Verts)
  • "Lutte Ouvrière - Faire entendre le camp des travailleurs", portée par Chantal Gomez (Lutte Ouvrière)
  • "Auralp, la majorité présidentielle avec Bruno Bonnell", portée par Bruno Bonnell (La République en Marche)
  • "L'alternative en Auvergne-Rhône-Alpes" portée par Najat Vallaud-Belkacem (Parti socialiste)
  • "Laurent Wauquiez, la région avec toutes ses forces", portée par Laurent Wauquiez (Les Républicains)
  • "Agir pour ne plus subir" portée par Farid Omeir (Union des démocrates musulmans français)
  • "Ensemble, pour notre région" portée par Cécile Cuikerman (La France Insoumise et Parti Communiste)
  • "Liste Rassemblement national" portée par Andréa Kotorac (Rassemblement national)