Le ministère de l'Intérieur a recensé 81.000 manifestants dans toute la France, soit un tiers de la mobilisation constatée la semaine dernière (244.000). À Paris, environ 8.000 personnes ont défilé, sur fond d'affrontements sporadiques avec les forces de l'ordre, dont s'accusent mutuellement gouvernement et opposition.

Certains gilets jaunes ont été à l'origine de débordements, dénoncés par les pouvoirs publics mais aussi par d'autres manifestants
Certains gilets jaunes ont été à l'origine de débordements, dénoncés par les pouvoirs publics mais aussi par d'autres manifestants © AFP / François Guillot

Il y a les manifestations qui espèrent représenter la majorité silencieuse, mais celle de ce samedi à Paris semblait plutôt être monopolisée par une minorité bruyante. Le gouvernement avait souhaité limiter le défilé au Champ de Mars, mais les forces de l'ordre ont finalement laissé entrer les "gilets jaunes" sur les Champs-Élysée. Ils étaient 5.000 sur l'avenue, parmi les 8.000 personnes au total dans toute la capitale.

C'est là que se sont ensuite déroulés des heurts entre policiers et "casseurs" présents dans le cortège : barricades dressées puis brûlées, jets de projectiles et de pavés, échauffourées... Contraints de limiter leur présence à une portion des Champs-Élysées (le bas de celle-ci étant protégé par un important dispositif de sécurité), un noyau dur de manifestants a donné du fil à retordre aux forces de l'ordre.

Qui précisément ? Difficile à dire. Christophe Castaner évoque une manifestation noyautée par des "séditieux", représentants de "l'ultradroite". Ils auraient selon lui "répondu à l'appel notamment de Marine Le Pen [à défiler sur les Champs-Élysées]". Cette dernière s'en est rapidement défendue, rappelant qu'elle s'était simplement étonnée de cette interdiction de manifester sur l'avenue parisienne.

Marine Le Pen accuse le gouvernement de vouloir faire d'elle "un bouc émissaire".

Devant des manifestants bien plus sages et ordonnés, Nicolas Dupont-Aignan évoque quant à lui "quelques imbéciles", utilisés par le gouvernement pour "discréditer le mouvement".

De l'autre côté du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon n'évoque pas les débordements, et balaie à la fois les accusations de récupération par l'extrême-droite et d'essoufflement du mouvement, en évoquant "la manifestation massive du peuple".

Plusieurs interpellations et quelques blessés

En face, les forces de sécurité étaient imposantes, pour faire face aux quelques milliers de manifestants recensés par le ministère de l'Intérieur. Christophe Castaner avait vu les choses en grand, notamment avec la mobilisation de lanceurs d'eau, et autres "moyens d'intervention qui permettent d'éviter tout blessé".

Il y a tout de même eu huit blessés au total, dont deux gendarmes. À Paris, la police a procédé à 26 interpellations, 43 dans tout le pays.

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