Emmanuel Macron a annoncé la fermeture des établissements scolaires pour trois semaines dans toute la France et l'extension des mesures de freinage à tous les départements français. Le président appelle à "la mobilisation de chacun" pour ce mois d'avril.

Le chef de l'État a appelé à "la mobilisation de chacun pour ce mois d’avril où beaucoup se joue".
Le chef de l'État a appelé à "la mobilisation de chacun pour ce mois d’avril où beaucoup se joue".

C'est un nouveau, nouveau, serrage de vis. "Si nous restons unis, solidaires, si nous savons nous organiser les prochaines semaines, nous verrons la lumière au bout du tunnel", a assuré le chef de l'État lors de cette allocution de trente minutes. Emmanuel Macron a appelé à "la mobilisation de chacun pour ce mois d’avril où beaucoup se joue"

Face à la troisième vague du coronavirus, qui touche de plein fouet une grande partie du pays, il a annoncé la fermeture des établissements scolaires pour trois semaines et l'extension des mesures de freinage à tout le territoire métropolitain. "Nous faisons ce choix parce que plus aucune région n’est aujourd’hui épargnée ; partout le virus circule vite et de plus en plus vite", a-t-il ajouté. Voici le détail des mesures. 

Les établissements scolaires ferment

Les établissements scolaires et crèches de tout le pays vont fermer pour trois semaines dans tout le pays a annoncé le chef de l'Etat. 

Les zones vont ainsi être fusionnées, les vacances scolaires de printemps seront ainsi unifiées sur tout le territoire. Il y aura une semaine d'école en "distanciel" à venir pour les élèves puis deux semaines de vacances unifiées. La reprise des écoles en présentiel est prévue le 26 avril, le 3 mai pour les collèges et lycées

Les étudiants pourront continuer à se rendre à l'université une journée par semaine. 

"Nous pouvons nous féliciter d'avoir rouvert parmi les premiers nos écoles et de les avoir maintenues ouvertes depuis septembre 2020", a estimé le chef de l'État. 

Les mesures de freinage concernent tout le pays

Emmanuel Macron a annoncé l'extension à tout le territoire (à l'exception de l'Outre-mer) des mesures de freinage qui concernaient jusqu'alors seulement 19 départements, à partir de samedi et pour quatre semaines. Le couvre-feu continue de s'appliquer de 19 heures à 6 heures et :

  • les déplacements sont autorisés dans un rayon inférieur à 10 km, sans attestation, sans limite de durée ;
  • les déplacements inter-régionaux sont interdits, sauf motif impérieux ou professionnel et à l'exception du week-end de Pâques, si certains veulent changer de région ;
  • les commerces seront fermés selon la liste déjà arrêtée pour 19 départements.

"Qui souhaite changer de région pour aller s'isoler pourra le faire durant ce week-end de Pâques". "Les Françaises et les Français de l'étranger qui veulent rentrer en France pourront aussi le faire à tout moment", a-t-il précisé.

Si les contrôles seront renforcés pour limiter les rassemblements et la consommation d'alcool sur la voie publique, il n'y aura pas besoin d'attestation pour se déplacer dans le rayon de 10 km autour de son domicile. "L’irresponsabilité de quelques-uns ne doit pas ruiner les efforts de tous", a-t-il souligné. "L'attestation sera obligatoire en journée uniquement pour les déplacements au-delà de 10 kilomètres."

Renforcement des services de réanimation 

Le Président a annoncé des renforts, avec l'appui du service de santé des Armées, la réserve sanitaire, dans les services de soins critiques pour passer à "un peu plus de 10.000 lits" en réanimation. 

"Nous avons conservé la maîtrise de la situation à l'hôpital, nous n'en avons pas perdu le contrôle", a affirmé Emmanuel Macron. Mais il a reconnu que "ces dernières semaines, nous faisons face à une nouvelle donne", une "course de vitesse"

"Les services de réanimation ont à prendre en charge des personnes en bonne santé qui ont aujourd'hui 60 ans et même 50 ans, quelques-uns parfois sont plus jeunes. Retenez un chiffre : 44% des patients en réanimation ont aujourd'hui moins de 65 ans."

Vaccination : ouverture aux plus de 60 ans mi-avril

Les 60-70 ans pourront bénéficier d'une injection à partir du 16 avril. Les 50-60 ans à partir du 15 mai. "La sortie de crise se dessine grâce à la vaccination", a estimé Emmanuel Macron. "D’ici la fin de l’été, tous les Français de plus de 18 ans qui le souhaitent pourront être vaccinés."

Le chef de l'État a indiqué que 250.000 professionnels ("médecins, pharmaciens, sapeurs pompiers, infirmiers, vétérinaires") étaient aujourd'hui prêts à participer à la campagne nationale de vaccination et "contribuer à ce grand effort national".

"Vous avez plus de 55 ans et êtes atteint, par exemple, de diabète, d'hypertension, surpoids ? Vous pouvez aujourd'hui prendre rendez-vous auprès de votre médecin, votre infirmier, votre pharmacien qui vous vaccinera directement avec le vaccin AstraZeneca", a encore ajouté Emmanuel Macron. 

Une épidémie qui accélère

Ces derniers jours, le taux d'incidence, à l'échelle nationale, a frôlé les niveaux qui avaient précédé la deuxième vague, fin octobre. Dans 27 départements, soit un tiers des départements français, ce taux a dépassé les 400 cas pour 100.000 habitants. En Île-de-France, la situation est aussi particulièrement tendue, notamment dans les services de soins critiques, comme l'ont souligné plusieurs médecins ces derniers jours

Réouverture "mi-mai"

En fin d'allocution, le chef de l'État a évoqué la réouverture "à partir de mi-mai" de certains lieux de culture et de terrasses "avec certaines règles strictes". "Nous allons bâtir, entre la mi-mai et le début de l'été, un calendrier de réouverture progressive pour la culture, le sport, les loisirs, l'événementiel, nos cafés et restaurants", a dit Emmanuel Macron. 

Macron admet "des erreurs" dans la gestion de crise

Emmanuel Macron a admis mercredi avoir "commis des erreurs" dans la gestion de la crise sanitaire mais avoir aussi "appris", quelques jours après avoir refusé tout "mea culpa" pour avoir décidé fin janvier de ne pas reconfiner.

"A chaque étape de cette épidémie, nous pourrions nous dire que nous aurions pu faire mieux, que nous avons commis des erreurs. Tout cela est vrai", a déclaré le président. "Mais je sais une chose : nous avons tenu, nous avons appris, et nous nous sommes à chaque fois amélioré."

Débat à l'Assemblée

Jeudi, le Premier ministre Jean Castex prononcera une déclaration suivie d'un débat et d'un vote devant les deux chambres du Parlement, "sur l'évolution de la situation sanitaire et les mesures nécessaires pour y répondre". Ce débat se tiendra le matin à l'Assemblée nationale, à partir de 9 heures, puis au Sénat l'après-midi, a précisé Matignon.