Les chefs de parti ou candidats des principales listes en course pour les élections européennes ont débattu, ce mercredi soir, sur France Inter et France 2, à quelques jours du scrutin. Au programme : plus d'une heure d'échanges et, forcément, quelques erreurs et imprécisions.

La première partie de soirée a été consacrée aux listes créditées de plus de 5% des intentions de vote dans les sondages.
La première partie de soirée a été consacrée aux listes créditées de plus de 5% des intentions de vote dans les sondages. © AFP / Lionel BONAVENTURE

Quatre jours avant les élections européennes, qui se tiendront en France ce dimanche 26 mai, les représentants des principales listes ont participé au débat organisé ce mercredi soir par France Inter et France 2. La première partie de soirée a été consacrée aux listes créditées de plus de 5% des intentions de vote dans les sondages. Et dans tout ce qu'ont dit les invités, on a trouvé quelques erreurs. Ou, au moins, des chiffres qui méritent d'être précisés.

Yannick Jadot se trompe sur le vote des eurodéputés RN sur le transport des animaux

Peu après 21h30, Yannick Jadot demande un "fact-check-news", alors que Marine le Pen aborde le sujet de la souffrance animale et notamment du transport des animaux vivants. Selon la tête de liste Europe Écologie les Verts, les eurodéputés Rassemblement national (RN) auraient voté "contre ces propositions".

Sans savoir précisément à quelles "propositions" Yannick Jadot fait référence, la tête de liste a au moins tort sur un point : les eurodéputés RN ont voté, le 14 février 2019, selon le site spécialisé Votewatch.eu, pour un rapport appelant à limiter le temps de transport des animaux vivants. Et ce, tout comme les eurodéputés Verts.

Laurent Wauquiez a presque raison sur le déficit budgétaire de la France

Vers 21h45, Laurent Wauquiez s'attaque à la politique menée par le gouvernement. Selon le président des Républicains (LR), la France aurait "le pire déficit budgétaire de la zone euro".

Laurent Wauquiez a presque raison : selon les chiffres d'Eurostat, la France, en 2018, avait en valeur absolue le déficit budgétaire le plus important des 19 pays que compte la zone euro, soit plus de 59 milliards d'euros. Mais si on compare ce chiffre au PIB desdits pays, le ratio qui fait référence avec la "règle des 3%", c'est Chypre qui est lanterne rouge, avec un déficit qui s'élève à 4,8% de son PIB. La France a un déficit qui s'élève à 2,5% de son PIB, tout comme l'Espagne.

Marine Le Pen a tort sur la TVA sur les produits de première nécessité

Vers 21h50, Marine Le Pen est invitée à se prononcer sur une proposition soumise à tous les candidats : une TVA à 0% sur les produits de première nécessité. Laurent Wauquiez lui demande alors combien cela coûterait : "Six milliards d'euros", répond la présidente du RN. Ce à quoi Laurent Wauquiez lui répond : "treize milliards".

Dans ce duel de chiffres, c'est Laurent Wauquiez qui a raison et Marine Le Pen qui a tort. Comme le rappelle Le Monde, qui cite un rapport du ministère de l'Économie : "Les produits [de première nécessité] frappés du taux de 5,5 % de TVA rapportent environ 7 % des recettes totales de la taxe. Cela représenterait donc autour de 11 milliards d’euros de taxes annuelles, sur la base des chiffres de 2017 (...) ou 13 milliards d’euros si l’on y ajoute aussi le taux super réduit."

Sur le congé parental, c'est plus compliqué

Lors du débat, plusieurs candidats, dont Raphaël Glucksmann (Place Publique - PS), ont accusé le gouvernement et Emmanuel Macron d'avoir refusé une meilleure indemnisation du congé parental parce que cela aurait coûté trop cher. Marlène Schiappa a réagi, dans la soirée, sur le réseau social Twitter en dénonçant une "fake news".

En vérité, le 17 avril 2018, Emmanuel Macron s'est bel et bien prononcé contre un projet de directive de la Commission européenne visant à payer le congé parental au même niveau que l'indemnité maladie. "Les congés parentaux payés au niveau de l'indemnité maladie journalière, c'est une belle idée qui peut coûter très cher et finir par être insoutenable", avait alors déclaré le président de la République, à Strasbourg, devant les eurodéputés. En revanche, le parlement européen a approuvé, en avril dernier, une directive établissant une norme minimale à l'échelle de l'UE de 10 jours de congé paternité, le niveau de rémunération étant renvoyé à la responsabilité des États membres.

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