Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée
Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée © MaxPPP

Le groupe parlementaire UMP a prêté à son parti 3 millions d'euros tirés de sa dotation à l'Assemblée nationale, sans que ses membres soient au courant, révèle Médiapart. Le président du groupe, Christian Jacob confirme, mais ce prêt est parfaitement "légal" selon lui.

Christian Jacob se justifie dans une déclaration à l'Agence France Presse :

Au lendemain des élections législatives, en attendant la dotation de l'État, le parti avait un trou de trésorerie et comme les finances du groupe le permettaient, on a fait un prêt de 3 millions d'euros au parti, avec une convention, un échéancier, un taux d'intérêt.

Le hic, c'est que le chef du groupe parlementaire n'en a pas informé les autres députés UMP. Maladroit, déplacé, peut-être, mais "complètement légal", assure Christian Jacob, par ailleurs proche de Jean-François Copé qui vient de quitter l'UMP dans le sillage de l'affaire Bygmalion. À l'heure actuelle, environ 540.000 euros ont été remboursés par l'UMP au groupe, affirme-t-il.

Au sein du parti, certains n'ont pas tardé à exprimer leur malaise, à l'instar du député Pierre Morel-A-L'Huissier :

Je suis très en colère. Je rencontre des gens, dans la vie de tous les jours, qui me demandent : "Qu'est-ce qui se passe à l'UMP ?" Alors je leur réponds : "Je ne sais pas". Mais je ne peux pas continuer à leur dire cela, je veux savoir !

Le statut des groupes à l'Assemblée sera revu, annonce Bartolone

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a annoncé dès samedi soir une modification prochaine du statut des groupes parlementaires pour mieux contrôler la manière dont ils utilisent leurs fonds.

Sur son blog, Claude Bartolone écrit :

La mise en cause par la presse de l'utilisation des fonds de certains groupes politiques (...) conduit à revoir le statut des groupes pour permettre l'exercice d'un contrôle sur l'utilisation qu'ils font des dotations qui leur sont versées.

Le député UMP Hervé Mariton, candidat à la présidence de l'UMP, soutient cette démarche : "On a besoin de nouvelles règles de transparence et de gouvernance"

La réglementation actuelle devra être modifiée "dans un souci de moralisation et de transparence", explique Claude Bartolone, indiquant avoir demandé aux personnes en charge des services financiers et administratifs de l'Assemblée de formuler des propositions pour la prochaine session.

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