Sarkozy et Copé le 8 juillet 2013
Sarkozy et Copé le 8 juillet 2013 © PHOTOPQR/LE PARISIEN/THOMAS SALOMON / PHOTOPQR/LE PARISIEN/THOMAS SALOMON

Sarkozy sur écoute visé par une nouvelle enquête, Patrick Buisson, Jean-François Copé, à deux semaines des muncipales, la droite va mal...

Le Parti socialiste évoque un possible scandale d'Etat et la droite dénonce un acharnement après les révélations du Monde vendredi sur une enquête judiciaire visant Nicolas Sarkozy pour trafic d'influence. L'avocat de l'ancien chef de l'Etat, qui a été placé sur écoutes depuis près d'un an, dénonce pour sa part une affaire politique "montée de toutes pièces".

Cette affaire survient après la révélation que Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, l'a enregistré à son insu lors de réunions à l'Elysée et s'ajoute aux nombreux dossiers où le nom de l'ex-président ou celui d'anciens collaborateurs apparaissent.

La justice a placé Nicolas Sarkozy ainsi que les deux anciens ministres de l'Intérieur Brice Hortefeux et Claude Guéant sur écoute dans le cadre d'une enquête sur d'éventuels financements par la Libye de sa campagne présidentielle de 2007, selon Le Monde. Ces interceptions auraient révélé que l'ex-président et son conseil étaient "très bien renseignés sur la procédure en cours" à la Cour de cassation sur le dossier Bettencourt. Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir cherché à faciliter la promotion d'un avocat général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert à Monaco, en échange de renseignements. Maître Thierry Herzog a répondu dans Le Monde :

Il n'y a eu aucun trafic d'influence. Je constate qu'on a monté une affaire artificiellement.

Invité samedi matin du 7/9 du week-end, le president de l'USM, l'Union syndicale des magistrats, Christophe Regnard qualifie ces révélations de "pathétiques" et évoque une attitude de "voyou" au sujet du nom d'emprunt utilisé par Maître Herzog.

J'ai l'impression que Maître Herzog est écouté sur un téléphone qui n'est pas le sien.

La méthode heurte. Les premiers à s''en émouvoir, Maitre Henri Leclerc, ou Eric Dupont-Moretti, ont lancé une pétition qui a déjà recueilli des centaines de signatures. Parmi eux également, Maitre Christian Saint-Palais

Nous demandons une modification des pratiques.

Un nouveau volet de l'affaire Bettencourt ?

L'avocat de Nicolas Sarkozy rappelle que le magistrat en question exerce ses fonctions au sein d'une chambre civile de la Cour de cassation et non de la chambre criminelle compétente dans l'affaire Bettencourt. "S'il n'est pas directement lié à la procédure Bettencourt, puisqu'il s'occupe de dossiers civils", ce magistrat "a accès au service intranet de la haute juridiction", écrit toutefois Le Monde.

La direction des services judiciaires de la principauté de Monaco confirme que Gilbert Azibert a été candidat à un poste de magistrat à la Cour de révision, l'équivalent de la Cour de cassation française, mais qu'il n'a pas été retenu. "La direction des services judiciaires souligne qu'aucune intervention extérieure n'est venue interférer dans cette procédure de recrutement", écrit-elle dans un communiqué.

La Cour de cassation doit se prononcer le 11 mars prochain sur des pourvois formés contre la procédure des juges dans le volet abus de faiblesse de l'affaire Bettencourt, dans lequel l'ancien président de la République a bénéficié d'un non-lieu. Elle doit notamment se prononcer sur la saisie par la justice des agendas de Nicolas Sarkozy.

Le 26 février dernier, le nouveau parquet national financier a ouvert une information judiciaire contre X pour violation du secret de l'instruction et trafic d'influence en marge de l'affaire Bettencourt. Des perquisitions ont été menées mardi chez Thierry Herzog et Gilbert Azibert dans cette affaire. À ce jour, personne n'a été placé en garde à vue ni mis en examen et l'instruction se poursuit, souligne une source judiciaire.

Les réactions politiques

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a estimé devant la presse que si les éléments du Monde étaient avérés, "cela constituerait un scandale d'Etat, une affaire d'une exceptionnelle gravité qui serait le révélateur du comportement d'un clan pour Nicolas Sarkozy". pour le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux :

Ces révélations, si elles s'avèrent justes, sont effrayantes sur la façon dont Nicolas Sarkozy se sert des institutions, les dévoie, peut organiser des systèmes de pression.

La droite dénonce de son côté un acharnement. Le maire UMP deLevallois-Perret (Hauts-de-Seine) et proche de Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany :

Qu'on puisse mettre sur écoute un ancien président me paraît être une déviance des services de l'Etat, de la justice.

L'ancienne candidate d'Europe-Ecologie-Les-Verts, la magistrate Eva Joly dénonce la proximité des magistrat avec les hommes politiques :

Nous payons aujourd'hui le prix de cette politique de nomination.Je parle depuis plus de 20 ans de l'immaturité politique française.

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