La bataille pour le second tour de la présidentielle démarre lundi entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, en position de favori. Ils représentent 2 France distinctes.

Bulletins de vote
Bulletins de vote © Reuters / Regis Duvignau

Jamais élu, M. Macron est en bonne position pour emporter le scrutin suprême le 7 mai et devenir, à 39 ans, le plus jeune président de la République de l'histoire, devant Louis-Napoléon Bonaparte.

Ce premier succès récompense le pari très audacieux du secrétaire général adjoint, puis ministre de François Hollande qui, prétendant transcender le clivage droite-gauche, a lancé son mouvement politique, En Marche!, en avril 2016.

Marine Le Pen de son côté a conforté ou amélioré l'assise du Front National dans bien des régions et départements. Si Emmanuel Macron est le candidat des classes aisées, des diplômés et des cadres, elle est la représentante des habitants du monde rural et des périphéries urbaines.

Paris est-elle encore la France ?

Marine Le Pen enregistre un score minuscule dans la capitale avec 4,99 % des suffrages, bien loin de la moyenne nationale. Emmanuel Macron est largement au-dessus de son score national, avec 34,9% des suffrages. Une population plutôt diplômée et aisée dans Paris intra muros explique ces résultats. Mais les écarts avec le reste de la France montrent le décrochage de la capitale par rapport au reste du pays.

Les communes ou Macron et Le Pen arrivent en tête
Les communes ou Macron et Le Pen arrivent en tête © AFP / AFP

La région Paca, et le sud de la France

Si Paca est globalement acquise au Front National et à la droite, il faut noter la particularité marseillaise. Là Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête avec 24,8% des suffrages, 11 points de plus qu’en 2012.

En Paca Marine Le Pen obtient 28,17 % des voix, plus de 4 points supplémentaires par rapport aux présidentielles de 2012. François Fillon est derrière avec 22,37 %) et Emmanuel Macron reste juste en dessous des 19%.

A Toulon Marine Le Pen est en tête ainsi que dans le Var, avec plus de 30%, devant Fillon et Macron.

A Nice, la ville d’Eric Ciotti, et terre d’élection de Christian Estrosi, François Fillon est en tête avec 26,1% des votes. Mais dans les Alpes Maritimes en général, elle obtient 27,8% des suffrages, au –delà du score national.

Comme à Marsille, à Montpellier, en Occitanie, le leader de la France Insoumise où il est à 31,4 %.

Les périphéries urbaines à l'opposé des grandes villes

La candidate d’extrême-droite réussit particulièrement dans les périphéries urbaines et en milieu rural. Dans le Rhône elle double son score par rapport à la ville même de Lyon. A Toulouse elle ne fait que 9,3% des voix contre 16,7 en Haute –Garonne, 7,4% à Bordeaux contre 18,2% en Gironde.

Des villes comme Strasbourg, Nantes ou Rennes ont donné leur faveur à Emmanuel Macron.

2 candidats pour 2 types d'électeurs

L'électeur type d'Emmanuel Macron est un jeune cadre aisé, diplômé et confiant en l'avenir alors que celui de Marine Le Pen est un ouvrier proche de la cinquantaine,peu fortuné et plutôt pessimiste.

Dans le détail 33% des cadres ont choisi Emmanuel Macron. Ils ont entre 25 et 34 ans, au moins bac +3 et gagnent plus de 3.000 euros par mois. Seuls 14% des chômeurs ont voté pour le candidat d'En Marche, alors que 26% d'entre eux ont donné leur voix à Marine Le Pen.

C'est auprès des ouvriers et des employés que la candidate frontiste fait le plein. Elle capte 37% du vote ouvrier. Des électeurs qui pour la plupart n'ont pas le bac, gagnent moins de 1.250 euros par mois et estiment que la génération suivante vivra moins bien que la leur.

Pour le reste, les moins de 25 ans ont voté massivement pour Jean-Luc Mélenchon. Près d'un tiers des suffrages dans cette tranche d'âge. De l'autre côté de la pyramide, François Fillon séduit les retraités : 45% des électeurs de plus de 70 ans ont choisi le candidat malheureux de la droite et du centre.

Le profil type de l'abstentionniste en 2017
Le profil type de l'abstentionniste en 2017 © Radio France / CR
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