[scald=64407:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a décidé d'ajouter une journée de carence dans le privé pour les arrêts maladie et d'en instaurer une chez les fonctionnaires, qui n'y étaient pas soumis jusqu'à présent, a annoncé Christian Jacob, président du groupe UMP.

Xavier Bertrand, ministre du Travail, et Valérie Pécresse, ministre du Budget, ont confirmé mardi leur volonté d'instituer ce dispositif en accord avec les parlementaires.

Le Premier ministre, François Fillon, a jugé "raisonnable", mardi matin devant les députés UMP, d'instaurer une journée de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie, ont rapporté des parlementaires.

Cette mesure, qui fait bondir les syndicats et des partis de gauche, vise à réduire les dépenses de santé.

L'instauration d'un quatrième jour de délai de carence dans le secteur privé, qui est une mesure réglementaire, représentera une économie de 200 millions d'euros, précisent Xavier Bertrand et Valérie Pécresse.

Ils précisent que l'institution d'un jour de carence dans les trois fonctions publiques sera prise "par souci d'équité", mais ne précisent pas l'économie escomptée. Selon Le Parisien, elle rapporterait environ 30 millions d'euros.

Cette mesure nécessitera une modification législative, ajoutent les ministres, qui confirment leur volonté de renforcer les actions de contrôle des arrêts de travail.

Le gouvernement voudrait instaurer par décret le remboursement des indemnités injustifiées, selon des syndicats.

Dans un communiqué, Force ouvrière dénonce "la provocation qui est faite une nouvelle fois pour opposer les salariés public/privé et ne peut que regretter la volonté gouvernementale de réaliser des économies sur le dos de tous les salariés".

Le syndicat dénonce également "la suspicion à objectif politicien que fait peser le gouvernement sur les salariés en situation d'arrêt de maladie avec l'annonce du projet de décret en préparation."

Après "la chasse aux pauvres et aux chômeurs, voici maintenant au tour des malades de la fonction publique d'être dans le collimateur de l'UMP", déplore le Parti communiste.

"Pour la droite, chaque personne en congé de maladie est un fraudeur en puissance qu'il faut punir", déclare son porte-parole, Olivier Dartigolles, dans un communiqué.

La mesure ne fait pas non plus l'unanimité à droite.

"Ce sont des mesures prises à la va-vite", a déclaré le député UMP Jean-Pierre Grand, un partisan de l'ancien ministre Dominique de Villepin, dans les couloirs de l'Assemblée.

"Rajouter un jour de carence de plus pour le privé c'est énorme. Car quand vous avez quatre jours d'absence pour raison de maladie, c'est qu'il y a une bonne raison. Ça va toucher les bonnes raisons d'absence. Et rajouter une journée dans le public ca fera plaisir aux militants les plus durs de l'UMP mais je ne suis pas certain que ce soit très habile".

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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