[scald=219129:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La réforme de la formation professionnelle, objet d'un projet de loi d'ici l'été, visera à mieux gérer et mieux cibler vers les populations qui en ont besoin les quelque 32 milliards d'euros de fonds dévolus à ce secteur, a-t-on expliqué lundi à l'Elysée.

Le sujet était au menu du séminaire gouvernemental qui a réuni une douzaine de ministres autour du chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault et du président François Hollande.

Prise pour cible par la Cour des comptes et plusieurs rapports parlementaires, la formation professionnelle souffre d'un manque d'efficacité notamment dû à la complexité de son organisation et l'opacité de la gestion des fonds partagée entre les partenaires sociaux, les régions et l'Etat.

L'un des problèmes régulièrement soulevé est celui de son ciblage, les formations échappant trop souvent aux publics qui en ont le plus besoin, les moins qualifiés et les chômeurs.

Le but du gouvernement est "d'aider à mieux former les salariés en difficulté", dit-on dans l'entourage de François Hollande, où l'on parle aussi d'"améliorer le ciblage, la ventilation et la gestion du bloc de formation professionnelle relevant des partenaires sociaux".

"Il ne s'agit pas de faire des économies mais de donner une vision plus nette d'une réforme qui a été engagée il y a des années, vers des cibles sociales et économiques mieux définies", ajoute-t-on.

55.000 ORGANISMES IMPLIQUÉS

Le gouvernement note que sur les 55.000 organismes qui se partagent aujourd'hui la formation professionnelle, un tiers seulement en fait son activité principale. L'usage de la taxe d'apprentissage, qui représente environ deux milliards d'euros, pose également question.

La formation professionnelle est au menu du déplacement de François Hollande ce lundi à Blois (Loir-et-Cher), où le chef de l'Etat visitera un Centre de formation des apprentis (CFA).

Il signera lors de ce déplacement les premiers contrats de génération, appelés à aider deux catégories de salariés situés aux extrémités de la pyramide des âges: les jeunes et les seniors, les plus touchés par le chômage.

Promulgué samedi dernier, le texte de loi sera examiné ce mercredi en conseil des ministres, en vue d'une application dans les entreprises avant la fin du mois de mars.

Ces contrats sont destinés à favoriser l'embauche de 500.000 jeunes en cinq ans et le maintien des seniors dans l'emploi grâce à des allègements de charges.

Le gouvernement compte notamment sur ce dispositif pour inverser d'ici fin 2013 la courbe du chômage, qui a connu en janvier sa 21e hausse consécutive.

Le contrat de génération est désormais obligatoire dans les entreprises de plus de 300 salariés. Une mesure incitative est prévue pour les entreprises de moins de 300 salariés. Elle comprend une aide de 2.000 euros par jeune embauché ainsi que 2.000 euros par senior maintenu dans l'emploi.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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