Les réactions politiques ont suivi de près l'annonce du remaniement. Sans surprise aucune, la majorité la salue, tandis que l'opposition la raille ou s'en inquiète ouvertement.

Edouard Philippe et Emmanuel Macron en mars 2018
Edouard Philippe et Emmanuel Macron en mars 2018 © AFP / Philippe Woyazer

Ainsi, si du côté de LREM, on salue un "renforcement des équilibres qui donneront un nouveau souffle au quinquennat" (Richard Ferrand), l'opposition n'y voit le plus souvent qu'une baudruche. "Tout ça pour ça", lance Stéphane Le Foll ; "On prend les mêmes et on continue", pour Valérie Boyer ; "Deux semaines pour un remaniement aussi insignifiant", se désole Nicolas Dupont-Aignan, qui se dit que "de nombreuses personnalités ont dû refuser de monter sur le Titanic". Olivier Faure regrette lui "un rafistolage qui ne porte pas la marque de la nouveauté".

D'autres s'inquiètent de certaines arrivées, plus particulièrement de la nomination de Christophe Castaner. Pour Benoît Hamon, "Emmanuel Macron a cédé aux pires petites pratiques du vieux monde en cédant au chantage d'un de ses ministres : le chef de l’État a cédé face au chef du parti LREM". Marine Le Pen, elle, critique ouvertement "Castaner à l’Intérieur : avec Emmanuel Macron, le pire est toujours sûr..." Eric Ciotti regrette aussi cette arrivée de Christophe Castaner "dans un ministère essentiel, alors qu'il n'a aucune compétence avérée, reconnue, sur les sujets qu'il aura à traiter".

Des nominations qui ne convainquent pas

Droite et extrême-droite l'accusent aussi d'être "le plus communautariste des ministres" d'Emmanuel Macron (Bruno Retailleau). Pour David Rachline, Christophe Castaner c'est même "la certitude de rapatrier en France les islamistes partis en Syrie, qui seront entretenus avec votre argent avant de bénéficier du laxisme de nos dirigeants incapables de nous protéger de la menace islamiste". Enfin sur Twitter, le Parti communiste français se moque : "On parle du même qui pensait que Benalla était bagagiste dans le bus des Bleus lors de la descente des Champs-Élysées".

D'autres nominations de ministres inquiètent les oppositions. Stéphane Le Foll, qui a connu le poste lui-même, estime ainsi que "en un an et demi, trois ministres de l'agriculture, [c'est] une instabilité".

La perquisition au siège de la France insoumise fait qu'évidemment, ses représentants ont peu commenté le remaniement, sinon pour s'inquiéter du rapprochement temporel entre les deux événements. Adrien Quatennens estime ainsi qu'avec ces perquisitions, "la macronie [est] au point mort. L’opposition populaire déterminée."

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