hémicycle bas-relief
hémicycle bas-relief © assemblée nationale

Un député UMP caquète niaisement, et c'est tout le poulailler politique qui se rentre dans les plumes. L'attitude de l'élu pendant le discours d'une élue écologiste lui a valu non seulement une réaction indignée, mais aussi une sanction financière.

Pas de poulailler à l'Assemblée : au Palais Bourbon, les seules plumes autorisées sont celles des anges sur les bas-reliefs. Et encore, si l'on en croit certains députés, ils devraient aussi être les seuls à porter des seins.

Une députée écologiste en a fait les frais, la nuit dernière, lors du débat sur la réforme des retraites. En plein discours, elle est interrompue par des caquetages, venus des rangs de l'opposition, et plus précisément du député du Morbihan, Philippe Le Ray.

"Ça suffit, arrêtez, je ne suis pas une poule", lance Véronique Massoneau, face à des élus hilares. Le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, dénonce des "comportements incroyables".

Il y a des choses que je n'accepterai jamais dans cet hémicycle

La plaisanterie aurait pu s'arrêter là : on a appris plus tard que le député avait présenté des excuses par téléphone. Mais elle a provoqué un véritable imbroglio le lendemain sur les bancs de l'Assemblée.

Le reportage de Cyril Graziani.

La première à ouvrir le feu, c'est la porte-parole du gouvernement. À l'issue du conseil des ministres, Najat Vallaud-Belkacem lance qu'on ne peut "que regretter que certains aient du mal à conserver une attitude conforme à la fonction après des dîners manifestement trop arrosés". Premier avertissement. Ou plutôt, énième avertissement si l'on considère la multiplication des comportements sexistes habituels à l'Assemblée.

"Ne pas tomber dans l'indignité et la mascarade" (Christian Jacob)

Dans la foulée, les élues de gauche boycottent le début de la séance de questions au gouvernement, pour marquer leur opposition à ce type de dérapages. Elles font ensuite une entrée groupée dans l'hémicycle, applaudies par leurs confrères masculins.

Les députés de droite, eux, se drapent dans leur honneur et quittent (pour un temps) leur siège. Leur chef, Christian Jacob, minimise l'incident en demandant à l'Assemblée de ne pas tomber, comme son confrère la veille, "dans l'indignité et la mascarade". Claude Bartolone réplique en estimant que "s'il y a des combats qui devraient permettre de rassembler beaucoup plus largement sur cet hémicycle, l'égalité entre l'homme et la femme fait partie de ces combats".

Il fait savoir, dans la foulée, que la conférence extraordinaire des présidents a décidé, à l'unanimité, de sanctionner Philippe Le Ray. Ses caquetages lui valent un coup de bec dans son indemnité parlementaire, réduite d'un quart pour un mois.

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