Le parti majoritaire est visé depuis mardi par une enquête préliminaire du parquet de Paris sur l'origine non identifiée de 144 000 euros de dons reçus en 2017 par le parti présidentiel.

Le siège de La République en marche, dans le XVe arrondissement de Paris.
Le siège de La République en marche, dans le XVe arrondissement de Paris. © Maxppp / Léon Tanguy

La République En Marche est visé depuis mardi par une enquête préliminaire du parquet de Paris. Tout est parti d'un signalement, lundi, émis par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Selon l'instance, le parti majoritaire n'a pas pu justifier l'origine de 144 000 euros de dons perçus lors de l'année 2017.

Pas plus de 7 500 euros par donateur 

Des versements faits par chèque, virement ou paiement électronique. Or, c'est la loi, un donateur ne peut pas dépenser plus de 7 500 euros par an pour financer un ou plusieurs partis politiques. Impossible donc pour la commission de vérifier si ce plafond a bien été respecté. Précisons toutefois que ces dons concernent bien le parti présidentiel mais pas la campagne électorale du candidat Emmanuel Macron en 2017, dont les comptes ont déjà été validés.

Déjà lors de l'examen des comptes de campagne, la commission des comptes avait tiqué sur l'origine de 87 000 euros de dons. Le parquet avait vérifié et pu identifier les donateurs sur justificatifs et attestations. Seuls 18 000 euros étaient restés d'origine inconnue. Des sommes très faibles au regard des quasi 17 millions d'euros de recettes déclarées. L'irrégularité n'avait donc pas entraîné de rejet du compte de campagne.

Cette fois, le parquet de Paris a choisi d'ouvrir une enquête préliminaire. C'est la première enquête sensible ouverte par le tout nouveau procureur de Paris, Rémi Heitz, qui a pris vendredi la succession de François Molins. L'enquête a été confiée à la police anticorruption de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLICCF).

Jean-Luc Mélenchon monte au créneau

Rapidement après l'annonce de l'ouverture de cette enquête, Jean-Luc Mélenchon a saisi l'opportunité en réagissant sur Twitter. Le leader de la France insoumise, dont le domicile et le siège du parti avaient été perquisitionnés mi-octobre dans le cadre de deux enquêtes du parquet de Paris, fait ainsi mine de s'interroger : "Il y aura aussi des perquisitions à domicile ? Le fichier des adhérents et donateurs sera confisqué aussi ? Ou bien ce sera ouvertement deux poids deux mesures ?"

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