L'ancien chef de l'État a toujours accordé beaucoup d’importance à la politique internationale et a suivi tout au long de sa carrière la même idée : une France forte et ouverte aux autres cultures.

Jacques Chirac lors d'une conférence de presse après une rencontre avec George W. Bush aux USA en 2001
Jacques Chirac lors d'une conférence de presse après une rencontre avec George W. Bush aux USA en 2001 © AFP / RON SACHS / DPA PICTURE-ALLIANCE

La politique étrangère était l'un des domaines de prédilection de Jacques Chirac, l'occasion de faire entendre "la voix de la France". L'ancien président de la République, mort ce jeudi 26 septembre à 86 ans, a grandi en politique avec la conviction que la France était encore un grand pays, ce qui a été de moins en moins vrai, notamment dans les années 2000.

Le soir de son élection en 1995, Jacques Chirac prononce cette phrase : la France a vocation à redevenir "un phare pour tous les peuples du monde". Il fixe ainsi le cap de la politique étrangère qu’il mènera tout au long de ses deux mandats. Une politique d'inspiration gaulliste, dans la lignée de celle menée par son prédécesseur François Mitterrand, dans le contexte de l'après-guerre froide.

Se démarquer

Toute l'action internationale de Jacques Chirac aura donc été guidée par ce principe. L’ancien président a cherché à tout prix à se démarquer des autres grandes puissances. Incarnation de cette position : son refus d’intervenir en Irak en 2003, lorsque George W. Bush lance une opération. Cette opposition et le discours de Dominique de Villepin à l’ONU font grand bruit. Jacques Chirac réalise ainsi l’un de ses plus beaux coups diplomatiques. Ses adversaires le lui reprochent, mais ses partisans saluent son volontarisme.

Jacques Chirac et George W. Bush lors du G8 de 2004, un an après la crise de l'intervention en Irak
Jacques Chirac et George W. Bush lors du G8 de 2004, un an après la crise de l'intervention en Irak © AFP / Tim Sloan

L'ancien chef de l'État n'a jamais hésité à s'engager sur de nombreux dossiers, même les plus délicats. En 1996, alors qu’Israël lance l’opération "Raisins de la colère" visant les forces du Hezbollah dans le sud du Liban, il tente de faire jouer à la France le rôle de médiateur entre les deux parties. C'est la diplomatie américaine qui obtient finalement une sortie de crise mais la France parvient à se faire une place au comité de surveillance du cessez-le-feu, une petite victoire. Quelques mois plus tard, dans les rues de Jérusalem, Jacques Chirac prend un bain de foule, comme il aime à le faire. L’attitude du service de sécurité qui l’empêche d’entrer en contact des Palestiniens l'agace profondément. Cette altercation, en anglais, deviendra culte et marquera le retour de la France au Proche Orient.

Jacques Chirac en 1996 lors de son altercation avec un agent de sécurité israélien dans les rues de Jérusalem
Jacques Chirac en 1996 lors de son altercation avec un agent de sécurité israélien dans les rues de Jérusalem © AFP / JIM HOLLANDER

La Françafrique

Les années Chirac correspondent aux plus belles années de la Françafrique. Il a été le président français le plus africain, le plus épris du continent noir. Durant ses deux mandats, il s'est rendu dans 39 pays du continent africain. Il avait une préférence pour le Maghreb et le nord de l'Afrique. Cela représente plus d'un tiers de ses voyages officiels. Amoureux du Maroc, l'ancien chef de l'État se rendait régulièrement en vacances à Taroudant où dit-on, il disposait d'une suite attitrée.

Jacques Chirac et Omar Bongo lors d'une visite à Libreville en 1996
Jacques Chirac et Omar Bongo lors d'une visite à Libreville en 1996 © AFP / Gérard Fouet

Outre ses séjours détente au Maghreb, Jacques Chirac fut surtout le président français qui entretenait d’excellentes relations personnelles avec de nombreux dirigeants africains. Des liens qui l'ont conduit à fermer les yeux sur certaines dérives dictatoriales. Il n'a jamais ménagé son amitié pour le Gabonais Omar Bongo, le Tunisien Ben Ali, le Congolais Denis Sassou Nguesso et le Camerounais Paul Biya.

Jacques Chirac a multiplié les bains de foule à Abidjan, Libreville, Bamako ou Dakar. Il s'est toujours senti chez lui en Afrique. Il n'a eu de cesse de faire passer la stabilité du continent africain et les intérêts des entreprises françaises avant la promotion de la démocratie. Et pour cela l’ancien chef d’État s'est longtemps appuyé sur Jacques Foccart, l'homme de l'ombre, le "monsieur Afrique" du Général De Gaulle qui a repris du service en tant que conseiller à Matignon puis à l'Élysée, ce qui avait terni sa présidence.

Jacques Chirac, Ben Ali et Mouammar Kadhafi lors d'un sommet à Tunis en 2003
Jacques Chirac, Ben Ali et Mouammar Kadhafi lors d'un sommet à Tunis en 2003 © AFP

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