[scald=223437:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Christiane Taubira reste favorable à la délivrance d'un récépissé par les policiers pour lutter contre les "contrôles au faciès", mais Manuel Valls a choisi le retour du port du matricule par les policiers.

Le ministre de l'Intérieur a en effet présenté début mars aux syndicats de police le nouveau code de déontologie de la police et de la gendarmerie, qui officialise le retour du port du matricule, a-t-on appris auprès du syndicat Alliance.

Manuel Valls a préféré cette option à la délivrance d'un reçu écrit, réclamée par de nombreuses associations et par sa collègue de la Justice.

Lors d'une rencontre avec les Jeunes socialistes, dont le contenu a été diffusé vendredi par le site Atlantico, puis samedi par France Info, Christiane Taubira a néanmoins répété sa préférence pour la délivrance d'un récépissé après un contrôle de police.

"J'annonce la couleur très clairement: moi je suis favorable à ce dispositif", a-t-elle dit, soulignant qu'il y avait des villes "qui sont candidates pour expérimenter" le dispositif.

"Ce qu'il faut qu'on arrive à faire c'est faire entendre que c'est dans l'intérêt de la République et dans l'intérêt de la démocratie qu'il n'y ait plus de contestation du travail effectué par la police", a-t-elle ajouté.

Christiane Taubira a rappelé qu'il y avait cinq à huit fois plus de risques d'être contrôlé "selon l'apparence physique et vestimentaire, le quartier".

Les syndicats de police, très hostiles à la délivrance d'un récépissé, sont partagés sur le retour du matricule, que les fonctionnaires portaient de façon visible jusqu'en 1984, date à laquelle le ministère de l'Intérieur a changé les uniformes.

Le syndicat Alliance, deuxième organisation chez les gardiens de la paix et les gradés, classé à droite, a annoncé avoir voté contre le nouveau code de déontologie en raison "du caractère stigmatisant", pour les policiers, de nombreux articles.

Alliance regrette en particulier l'article 13 qui instaure l'obligation pour les policiers d'agir "en étant individuellement identifiables", qui devient l'obligation du port d'un matricule.

En revanche, le premier syndicat de gardiens, Unité-police SGP-FO, s'est prononcé en faveur de cette mesure, "particulièrement pour les gradés et tout l'encadrement".

Gérard Bon, édité par Henri-Pierre André

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