Manuel Valls veut un gouvernement soudé
Manuel Valls veut un gouvernement soudé © Images TF1

Pour sa première intervention télévisée en tant que Premier ministre, Manuel Valls s'est présenté comme rassembleur. Son gouvernement, il le promet, sera "uni, solide", sans "bisbille". Mais déjà sur le fond, on devine de possibles sources de conflit.

"Nous sommes tous Hollandais", lâche le Premier ministre au détour d'une question sur les amitiés diverses des membres de son gouvernement. Les choses sont claires : Manuel Valls se présente avant tout comme le Premier ministre de François Hollande.

Ce gouvernement, nous l'avons composé ensemble. C'est le président de la République qui fixe le cap, c'est lui qui a été élu par les Français. C'est moi qui met en oeuvre.

Il rend également hommage à son prédécesseur, tout en assurant qu'il s'inscrira dans la continuité de son action. Ce que tout le monde avait compris au vu du manque de renouvellement au sein des équipes (seuls deux ministres n'étaient pas dans le précédent gouvernement). Un simple chagement d'entraîneur pour une équipe similaire ?

C'est important, l'entraîneur, pour mieux jouer de manière collective. Il n'y a pas une rupture, pas une évolution. Il y a une continuité avec le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Et il est normal de trouver des hommes et des femmes d'expérience, parfois aux mêmes postes, parfois à un autre.

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Désormais, "ce qui doit caractériser ce gouvernement, c'est l'efficacité. Il y avait trop de chômage, trop de vie chère. C'est notre mission de répondre plus vite, d'aller plus loin. Jean-Marc Ayrault a combattu cette situation, je dois prolonger, approfondir son action et aller, sans aucun doute, beaucoup plus vite."

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Le problème viendra de la méthode

La question, c'est comment arriver à relancer le pays "plus vite". C'est sans doute là que les clivages avec le reste de lagauche apparaîtront. Signe qui ne trompe pas, lorsqu'on évoque sa position sur les 35 heures, Manuel Valls ne peut s'empêcher d'évoquer dans un souffle "la préhistoire".

Deux objectifs ressortent clairement : le premier, rétablir la confiance pour relancer la croissance.

La majorité a des responsabilités. Nous devons répondre à la crise économique, à la crise de confiance qui mène à l'abstention, à la crise d'identité. Chacun à gauche comme à droite a une responsablité, faire repartir le pays, redresser notre économie.

Le second objectif, c'est de limiter les dépenses. Une question qui ne se fera pas sans douleur, assurent l'opposition de droite comme de gauche. Mais Manuel Valls veut avant tout rassurer.

Nous devons réduire les déficits publics, mais il faut le faire intelligemment sans remettre en cause les services publics fondamentaux. Il y a une demande très forte de protection. J'entends ce qu'on me dit, la souffrance. Je suis un homme de gauche profondément engagé. Toute l'action du gouvernement doit être tournée vers ces hommes et ces femmes qui souffrent.

Le nouveau Premier ministre veut avant tout rassembler : son propre camp, toujours méfiant de son côté gauche, mais aussi plus largement les électeurs. D'où un numéro d'équilibriste qui voit Manuel Valls réclamer une France "plus compétitive" tout en étant plus juste. Objectif, "qu'à la fin du quinquennat de François Hollande, les Français vivent mieux."

La composition du gouvernement Valls
La composition du gouvernement Valls © Radio France
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